‹ La Jeunesse de Robespierre et la convocation des États généraux en ArtoisChapitre 107 sur 111 · XCVII · texte numérisé non relu

XCVII

vigueur, pour y revenir, je souhaite que les aristocrates ne profitent pas de ces conférences qui n'ont aucun objet, puisque ni la Noblesse ni les Communes ne peuvent se relâcher de leurs prétentions; la Noblesse parce qu'il fandroit sacrifier son orgueil et ses injustices, les Communes parce qu'il faudroit sacrifier la raison et la patrie, je souhaite, dis-je, que ces aristocrates ne profitent pas de ces conférences, pour remuer tous les ressorts de l'intrigue, pour exercer notre vigueur, pour nous diviser, pour semer dans l'Assemblée et dans la Nation le décounigement et la défiance et pour nous ôter l'invincible appui de l'opinion publique qui auroit assuré à la Nation un triomphe aussi prompt que complet, si4 en suivant avec vigueur le plan courageux et imposant qui a voit d'abord été adopté, nous lui avions donné tout le ressort dont elle étoit susceptible. C'est la crainte de ces dangers qui m'avoit inspiré une antipathie invincible contre la motion proposée par M. Rabbau de Sainl-Étienne et qui m'engagea à la combattre vivement: mais comme je parlois l'un dès derniers et que ceux qui avoient opiné avant moi s'étoient presque tous déclarés pour elle, je crus qu'il étoit impossible de la combattre avec succès, surtout si je lui opposois la motion énergique et vigoureuse qui étoit en concurrence avec elle ; je pris le parti d'ouvrir un troisième avis qui me sembloit devoir conduire au même but. Je proposai d'envoyer au Clergé seulement une invitation fraternelle qui seroit rendue publique par la voie de l'impression, dont je laissai le projet sur le bureau, pour le presser, au nom de la Nation de se réunir au corps national, et joindre ensuite leurs instances et leurs efforts à ceux des Communes pour déterminer la Noblesse à suivre cet exemple, auquel il lui eut été difficile de résister, sans armer contre elle l'opinion publique et sans se dévouer au mépris et a l'indignation de toute la Nation qu'il n'est plus permis de braver impunément dans les circonstances, où nous sommes. D'après la connaissance que nous avons des dispositions et des intérêts des curés, je ne doute pas qu'ils ne se fussent détachés du parti de la scission, pour se réunir aux Communes; une partie de la Noblesse n'auroit pu se dispenser de les imiter ensuite, puisque plusieurs députés de ce corps ont un ordre exprès de leurs commettans de ne voter que par têtes ; les plus distingués de ce corps par leurs vertus et par leur mérite se seroient empressés de s'immortaliser par cet exemple de patriotisme et de magnanimité ; H ne seroit donc plus resté dans le parti opposé que des aristocrates voués à la haine publique, dont on se seroit facilement passé et qui n'auroient pu mettre aucun obstacle à la résolution que nous avions prise de nous déclarer l'Assemblée nationale avec les ciloiens des deux

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