Voir Mémoire t de Charlotte Robespierre
3. L'abbaye d'Anchin, de l'ordre de Saint-Benoît, était située sur la Searpe , à une lieue et demie au-dessous de Douai. Elle avait été fondée en 1079. Le cardinal d'Yonk en était l'abbé commcndalaire.
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louis à Dom Brougniart, receveur du lut abbatial d'Anchin. Le 31 mai 1783, Charlon, procureur d'office, porta plainte contre lui aux bailli et hommes de fief du village de Pecquencourt, qui formaient la cour féodale de l'Abbaye. Après information, il fit signifier au prévenu un décret d'ajournement personnel. Dcteuf interjeta appel au parlement de Flandres, prétendant que la justice de Fecquencourt, sise en Hainaut, était incompétente pour connaître d'un crime commis dans l'Artois, et que les formes avaient été violées dans l'instruction. Il prit ses juges à partie et conclut à la décharge de l'accusation avec dommages-intérots. Le Parlement de Flandres se déclara incompétent (2 août 1783). Deteuf porta alors son action devant le Conseil d'Artois, auquel ressortissait la justice de l'Abbaye d'Anchin. Il chargea de sa défense Maximilien de Robespierre, à qui les Robespierre de Carvin, voisins de l'Abbaye, l'avaient sans doute recommandé.
M' de Robespierre fit distribuer à la Cour un « plaidoyer » qui était signé par Me Lejosne, avocat à Douai, mais à la rédaction duquel il avait mis la main : « Si quelque chosc^ disait-il dans un avertissement imprimé en tète du mémoire, peut consoler Deteuf du retardement apporté à la décision de sa malheureuse affaire, c'est le précieux avantage de pouvoir recourir à l'autorité d'un tribunal qui trouve plus de gloire encore à être le refuge du malheur et de l'infortune, qu'à protéger les arts et les découvertes utiles à la société ' . C'est donc avec la plus vive et la plus respectueuse confiance que Deteuf lui adresse ses plaintes ; et quoique cet écrit ait été formé pour l'audience du Parlement de Flan-' dres, on espère que Messieurs du Conseil d'Artois daigneront permettre qu'il leur soit présenté comme une légère esquisse