‹ La Jeunesse de Robespierre et la convocation des États généraux en ArtoisChapitre 39 sur 111 · Arcb. d. parlfm - Voir I'AN>endici · texte numérisé non relu

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nissaicnt ces qualités, il est certain qu'il en fut de même aux États généraux des Pays-Bas. Ces titres et ces usages s'opposent à ce qu'une oxception soit faite pour la seule convocation aux Etats généraux. L'entrée ouverte, il ne serait ni raisonnable ni décent de la fermer. » — Le corps de la Noblesse adopte »; telle fut la résolution laconique prise en séance, le 6 janvier 1789

Ne tenir compte que des précédents, ne consulter que la raison ; ne rien changer, tout supprimer, telles étaient, dans l'assemblée des États d'Artois et dans la France entière, les prétentions contradictoires entre lesquelles il s'agissait d'établir une conciliation. Pour le plus grand malheur de nos pères et de leur postérité, les concessions ne se firent pas à temps ; les exigences s'accrurent avec les retards, et on ne put dénouer le nœud gordien : la Révolution le trancha avec le glaive ; mais trancher ainsi les questions, ce n'est ï>as les résoudre.

L'arrêté du 6 janvier n'arrêta point les réclamations de la noblesse non entrante ; sous forme d'observations, ses défenseurs s'efforcèrent d'établir que les usages avaient varié, et que, n'étant pas constants, ils n'avaient pas force légale. D'après eux, lorsque les États d'Artois s'étaient formés, la preuve de la noblesse était très-difficile à faire autrement que par la possession ; d'ailleurs, les anoblissements étaient rares ; les nobles d'ancienne extraction constituaient toute la noblesse de la province. A la convocation suivante, il avait paru naturel de n'appeler que ceux qui avaient fait partie de l'assemblée précédente. Plus tard, on n'avait plus exigé qu'une noblesse centenaire, ce qui n'équivalait pas à une ancienne extraction. Lorsqu'enfin on avait impose la

l. Archives (Kpartementales.

justification de sept générations, aucune réclamation no s'était élevée. Mais qui aurait réclamé ? Le Clergé et le Tiers n'avaient aucun intérêt dans cette question de régime intérieur, spéciale au corps de la Noblesse. Les gentilshommes qui arrivaient avec cent ans de noblesse se comptaient en très-petit nombre. Qu'auraient-ils pu faire ? — Qu'était-ce d'ailleurs qu'une terre des plus seigneuriales? Il y avait des terres fort seigneuriales dont le propriétaire n'avait pas la seigneurie du clocher.

« Les États généraux des Pays-Bas ne nous regardent pas, ajoutaient les réclamants ; nous sommes Français I Français, nous avons le droit de concourir avec les autres gujets du Koi au grand ouvrage auquel il appelle tous ses sujets. Comment y contribuerions-nous, si nous ne tenions a aucun corps ? A quel autre corps pouvons-nous appartenir qu'à celui de la Noblesse ?

« L'ancienneté de la noblesse convoquée aux États et les services qu'elle a rendus à la Patrie méritent des distinctions, des titres, des honneurs, des égards ; elle les mérite et les obtient; leurs noms seuls suffisent à la plupart. Mais le droit de voter à l'Assemblée de la Nation est le droit du citoyen; l'administration est celui du propriétaire ; nous avons l'une et l'autre qualité. »

Les nobles non entrants concluaient en faisant appel à l'équité de la noblesse convoquée et à la justice du Koi, a qui voudra bien, disaient-ils, comprendre tous les nobles de l'Artois dans ses lettres de convocation * ».

La Noblesse des États ne s'occupa point davantage de cette réclamation, que nous verrons se reproduire lors de la convocation des assemblées électorales. La protestation du

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