‹ La Jeunesse de Robespierre et la convocation des États généraux en ArtoisChapitre 7 sur 111 · Almanach historique d'Artois · texte numérisé non relu

Almanach historique d'Artois

3. Pièce communiquée par M. Laroche, membre de l'Académie d'Arras.

4. De la Fous-Mélicocq, Archives du Nord de la France, t. xthi. — Demarquelle, Hiitoire tTlIamei.— Ces lettres appartiennent à M. Dlondel d'Aubcrs.

maison ; « du consentement des sieur et damoiselle de Robespierre », présents au contrat, elle avait déclaré, par dérogation à la coutume d'Artois qui n'admettait pas la représentation, qu\( après son décès, tous les biens qu'elle délaisserait de son chef et du chef de son défunt mari seraient également partagés entre le mariant et ledit sieur et damoiselle de Robespierre ou leurs enfants » Barthélémy Poi-

teau était mort en 1730, laissant un fils mineur. Les époux de Robespierre, qui avaient quatre enfants, obtinrent de la veuve Poiteau un testament par lequel elle leur donna l'universalité de ses meubles et une portion considérable de ses immeubles, détruisant ainsi la promesse d'égalité avec représentation à laquelle ils avaient donné leur adhésion. La veuve Poiteau étant morte ("27 novembre 1741), une instance s'engagea au sujet de l'exécution de ses dernières volontés. Les Robespierre firent défaut, et se laissèrent condamner par sentence de Péchevinage et par arrêt du Conseil d'Artois. Ils interjetèrent appel au Parlement de Paris, où , sans aucun doute, ils perdirent définitivement leur procès '.

La frane-ma<;onnerie comptait M' de Robespierre parmi ses adeptes. En octobre 1*740, un maçon de race royale, Charlcs-Kdouard Stuart, vaincu à Culloden et réfugié depuis quelques mois à Anus, voulut témoigner aux initiés de cette ville su haute satisfaction ; il leur délivra une bulle d'institution de Chapitre primordial , sous le titre d' Ecosse Jacobite, qui devait être gouverné par sept Chevaliers. Robespierre figurait au nombre «le ces dignitaires. Voici le texte de la bulle :

« Nous, Charles- Édouart Stuwart, prétendant roi d'An-

I. Mémoire tigwfié par Antoint Degouve, bourgeois, négociant en grot à Arrat, contre AM Mnxtmt/ien dt Robespierre , avocat. 14 pag. ill-f». Paris, 1745. (Pièce rommuuiiiuee par M. K* baron Dard.)

gleterre, de France, d'Écosse et d'Irlande, en cette qualité L.\ G.\ M.*, du Chap.\ d'Héredon, connu sous le titre de Chevalier de l'Aigle, du Pélican, et depuis nos malheurs et nos infortunes, sous celui de R.\ C.\ ^<

« Voulant témoigner aux maçons Artésiens combien nous sommes reconnaissant envers eux des preuves de bienfaisance qu'ils nous ont prodiguées avec les officiers de la garnison de la ville d'Arras, et de leur attachement à notre personne pendant le séjour de six mois que nous avonsfait en cette ville, nous avons, en leur faveur, créé et érigé, créons et érigeons par la présente bulle, en laditte ville d'Arras, un souverain Chapitre primatial et métropolitain deR.\ C.\ sous le titre distinctif iVÉcossc Jacobite, qui sera régi et gouverné par les chevaliers Lagneau, Dérobespierre, tous deux avocats, Hazard et ses deux fils, tous trois médecins, L.-B. Lucet, notre tapissier, et Jérôme Cellier, notre horloger, auxquels nous permettons et donnons jmuvoirde faire tant par eux que par leurs successeurs, nonseulement des Chevaliers R.\ C.\ mais môme de créer un Chapitre dans toutes les villes où ils croiront pouvoir le faire, lorsqu'ils en seront requis, sans cependant par eux n y par leurs successeurs pouvoir créer deux Chapitres dans une même ville, quelque peuplée qu'elle puisse être ; et pour que foi soit ajoutée à notre présente bulle, nous l'avons signée de notre main et à icclle fait apposer le sceau secret de nos commandements, et fait contresigner par le Secrétaire de notre cabinet, le jeudi 15mV. jour du 2mV. mois, Tan de l'incarnation 5747.*.

« Était signé Charles-Édouart Stuwart, et plus bas, de parle Roy, signé lord Deberkley, S'V. '. »

I. La nouvelle Loge prit le nom de la Constance, par allusion à la persévérance de Cbarlcs-Êdouard. L'original du titre que nous reproduisons passa dans les archives du Grand-Orient de France. Il est imprimé dans les Annales

Maximilien de Robespierre mourut à l'Age de soixantesept ans 17 avril 176*2} \ Sa veuve se retira au monastère des Dames de la Paix 2. Peu do temps après, elle fit le partage de ses biens, qui étaient restés indivis entre elle et son neveu Barthélémy Poiteau, marchand à Lille; ils consistaient en trente-quatre mesures et une demi-coupe de terre, situées sur Keaurains et Carency et estimées seize mille quatre cent soixante-sept livres dix sols'. Elle mourut le 1U mai 1770 *.

Fkançois de Robespierre tut poussé vers l'état religieux par ses père et mère. Peut-être quelques écarts de jeunesse leur inspiraient-ils des craintes que l'avenir devait justifier. Toujours est-il qu'à Page de dix-sept ans, il commenta son noviciat chez les Prémontrés de Dommartin, en Ponthieu. Mais au moment de prendre l'habit, il déclara qu'il ne se sentait pas de vocation pour la vie monastique et retourna à Arras \ Après avoir fait son droit à

originit ma g ni Gallinrum Qrieniù, Paris, 1812. — Voir aussi Histoire de la fondation du Grand-Orient de France, p. 181, el Chronologie de C histoire de la Franc- Maçonnerie, t. i, p. 01 (Bibliothèque impériale).

La Constance conserva l'expédition authentique de sa bulle de fondation. Une copie sur parchemin el avec sceaux, délivrée en 1804 par les dignitaires de la Loge, fut retrouvée en 1810 par M?r l'Êvôque de Gap. dans un magasin de bric-.') brac: ce prélat l'envoya, comme curiosité, au Préfet du Pas-de-Calais qui la tlt déposer aux Archives départementales.

t. L'acle de décès est signé par « Barihélemy-François Derobespierre et par Pierre i.régoiif -Marie Enlart de Grandval. écuyer, doyen des Conseillers (1733) au Conseil provincial d'Artois ». — Registre de la paroi tte Sainl-Aubert.

t. Communauté de Bénédictines réformées qui, en 1613, s'était établie dans la cilé d'Arras.

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