Registre aux maviagei de la paroisse Sain(-Jean
î. Extrait du Registre aux Larmes, mariages et sépultures de l'église paroissiale de Sainte-Marie-Magdelaine.en la ville d'ArraS, pour l'année 1758, f« 9 r. — Lenglart était le curé de la paroisse.
3. « Parrain, de Gouve Charles- Antoine, conseiller du roi et procureur des ville et cité d Arras, subdélégué de l'intendant de Flandre et d'Artois. Marraine, Marie-Dominique Poiteau, veuve Izambart. »
4. < Parrain, Jean-François Carraut, marchand brasseur en gros, ayeul maternel. Marraine, Françoise Poileau, épouse de Maximilien de Robespierre, ayeule paternelle. »
5. « Parrain, Augustin- Isidore Carraut, oncle. Marraine, Eulalie de Robespierre, tante. » — Rtgitire de la paroisse Saint- Etienne.
Français de Robespierre habitait alors (17M) la rue des Jésuites, aujourd'hui du Coil ge. En quatre ans, il changea quatre fois de résidence et habita successivement les paroisses Saini-Géry, Sainte-Marie-Madeleine, Saint-EUenue et Saint- \u!k> I.
conduisit au tombeau M™ de Robespierre. Elle expira le 16 juillet, à peine âgée de vingt-neuf ans
Cette fin prématurée imposait à François de Robespierre des devoirs aussi sacrés qu'austères ; mais il n'était pas à la hauteur de sa tache. Soit bizarrerie naturelle, soit égarement de sa raison accablée par le malheur, on le vit bientôt, au lieu de chercher dans le travail les ressources indispensables à l'éducation de quatre enfants en bas Age, renoncer à l'exercice de sa profession, végéter dans l'inaction pendant plusieurs années, abandonner enfin, famille et patrie. A quelle époque s'éloigna-tril d'Arras et vers quel pays dirigea-t-il ses pas? Il règne à ce sujet une incertitude d'autant plus grande que sa famille elle-même n'en sut rien.
« On lui conseilla, dit Charlotte de Robespierre, de voyager pendant quelque temps pour se distraire ; il suivit ce conseil et partit. Mais, hélas ! nous ne le revîmes plus.... Je ne sais dans quel pays il mourut... a. »
Un écrivain contemporain, tout en se trompant sur la cause du départ de François de Robespierre, se prétendait mieux renseigné sur la suite de ses aventures : « A la suite d'un procès perdu, il quitta brusquement le pays. On avait ignoré jusque-là la route qu'il avait suivie. Nous venons de découvrir qu'au sortir de sa patrie, il s'était rendu dans la Belgique;.... que de là il passa en Allemagne, et habita pendant quelque temps la ville de Cologne, où, pour subsister, il ouvrit une école pour les enfants. Dégoûté de sa nouvelle profession, il quitta Cologne, annonçant le dessein de se rendre à Londres, et de là aux Iles, où il serait possible qu'il vécût encore (1795) 3. »
1 .L'acte mortuaire est signé : « Augustin-Isidore Carraut, frère de la défunt.» et Antoine Henri Galbaut. chevalier de Saint-Louis, aide-major de la Citadelle ».
4. Mémoires de Charlotte Robespierre sur ses deux frères, publiés par Laponneraye, 1834.
5. Vie de Robespierre, par Ublond de NeuvégUse (abbé Proyart), Augsbourg, 1795. — Nous reviendrons sur cet écrit.
Tout ce que nous avons pu découvrir concernant le départ de François de Robespierre, c'est que, à dater du 16 novembre 1764, il cessa de figurer sur le registre d'audience du Conseil d'Artois et que cependant, dix-huit mois plus tard, il se trouvait encore à Arras. Le 22 mars 1766, il souscrivit en effet au profit de sa sœur Henriette une obligation de sept cents livres dix sols. Ajoutons enfin qu'en 1768, il n'est plus question de François de Robespierre sur le tableau des avocats au Conseil d'Artois a. Selon toute apparence, ce fut donc en 1766 ou 1767 qu'il partit pour l'étranger.
Deux des enfants ainsi abandonnés, Charlotte et Henriette, furent recueillies par leurs tantes paternelles. François Carraut donna asile à ses petits-fils. Maxim im en , dès qu'il sut lire et écrire, suivit comme externe les cours du collège d'Arras *. Sous la direction des prêtres séculiers qui dirigeaient cette maison, il apprit gratuitement les éléments de la langue latine. C était un enfant sérieux et appliqué à l'étude. La persévérance de son travail lui assura bientôt le premier rang parmi les écoliers de son âge. Mais il avait
1 . François de Robespierre avait été chargé, en 1763, de trente-quatre affaires au Conseil d'Artois, el de trente-deux en 1764. Il occupait donc un certain rang au barreau. M« Devienne, ancien procureur au Conseil d'Artois [Nofr* manutcrites... Collection de M. Hippolyte Renard), dit cependant que* c'était un avocat pauvre et un pauvre avocat ».
2. V.Umanach (fArt»i*, qui publiait chaque année ce tableau, n'a point été imprimé en 17C5. 176C el 1707.
3. Le collège d'Arras. dont la fondation remontait à 1568, avait été magnifiquement dolé par Philippe de Caverel, abbé de Sainl-Vaast, qui en avait donné la direction aux Jésuites (1617). Après la proscription de cet ordre célèbre, le collée fut confié à des prêtres séculiers, nommas et choisis par le Magistrat dans l'assemblé* du II mai i77i. Il éUit administré par un bureau dont faisaient p.irtie l'Kveque d'Arras, le premier président et le procureur général du Conseil d'Arlois. le miyeur, trois échevins et le principal. En 1762. le nombre des pensionnaires n'était que de vingt- neuf ; mais les cours étaient suivis par quatre cents externes. L'enseignement y était gratuit —Le» prêtres de l'Oratoire furent appelés à la direction du collège d'Arras par lettres patentes du mois de juin 1777.
dès lors, au témoignage d'un de ses condisciples a un caractère détestable et une envie démesurée de dominer ». Charlotte de Robespierre reconnaît a qu'il partageait rarement les jeux et les plaisirs de ses camarades ; il aimait à être seul pour méditer à son aise et passait des heures entières à réfléchir ».
Les amusements auxquels se livrait le jeune Maximilien ne révélaient d'ailleurs aucun instinct cruel. « Il avait appris de sa mère à confectionner de la dentelle; il en faisait trèsbien *. » — « On lui avait donné, dit Charlotte de Robespierre, des pigeons et des moineaux dont il avait le plus grand soin, et auprès desquels il veuait souvent passer les moments qui n'étaient pas consacrés à l'étude. Tous les dimanches, on nous envoyait chercher, ma sœur et moi, pour nous réunir à nos deux frères. C'étaient des jours de joie et de bonheur pour nous. Mon frère Maximilien, qui faisait une collection d'images et de gravures, nous étalait ses richesses et était heureux du plaisir que nous éprouvions à les contempler. Il nous faisait aussi les honneurs de sa volière et nous mettait entre les mains, les uns après les autres, ses moineaux et ses pigeons. Un jour, il nous donna un beau pigeon.... Oublié dans le jardin, il périt pendant une nuit d\»rage. A la nouvelle de cette mort, les larmes de Maximilien coulèrent, et il nous accabla de reproches que nous n'avions que trop mérités. »
Trois années s'étaient écoulées. M"" de Robespierre uc I>ouvaient suffire à la tâche que le dévouement leur avait fait ac cepter. Dans l'intérêt de leurs nièces, elles sollicitèrent l'appui de personnes charitables. La « grande réputation de
1-1. U'Ure Je Lcnglot le jeune, ag<»itt national d« Il commune d'Air**, an cilo>*n L*|iiini<). repré*»nunt du peuple. (Pièce communiquée par H. Dancoisne, d'IIiuinUélard. - V. l'APrENDic» »
pieté 1 » dont elles jouissaient assura l'efficacité de leurs démarches.
Il existait à Tournai un établissement charitable créé le 17 janvier 1674 par deux femmes pieuses, Marianne et Joseph Manarre, en faveur de filles pauvres de l'âge de neuf à dix-huit ans, et administré, de concert avec le Magistrat, par le recteur du collège des Jésuites. Les jeunes filles admises aux Manarres devaient, aux termes de l'acte de fondation, « estre nourries et eslevées soubs quelque bonne maîtresse à la vertu, et se perfectionner à lacer et coudre ou en autre chose qu'on jugerait plus utile ». Elles devaient aussi « apprendre à lire et à escrire jusqu'à ce qu'elles fussent capables de servir et de gagner de quoi vivre ». En 1709, la maison des Manarres comptait vingt pourvues. Moyennant cent trente florins d'entrée, elles étaient entretenues et nourries pendant neuf années; à leur sortie, on leur distribuait les vêtements convenables à leur état. Deux maitresses étaient attachées au pensionnat : l'une était chargée principalement de l'économie intérieure ; l'autre enseignait aux élèves les principes de la religion, et leur apprenait à lire, à écrire, à coudre et à faire de la dentelle. Le produit du travail manuel des pourvues formait une partie considérable des revenus de la maison.
D'après le registre des Manarres, Charlotte et Henriette de Robespierre furent admises comme boursières, l'une le 30 décembre 1768, l'autre le 4 juin 1773. La liste des pourvues de 1709 porte, sous le n° IU, l'indication suivante : « Charlotte de Robespierre, de la paroisse de Saint-Obert, à Arras, née le 21 janvier 1700 3 ». D'autre part, lecahierdu recensement de la paroisse Saint-Piat, dressé en 1774 par Le Prévost de Basserode, échevin de Tournai, mentionne