‹ La jeunesse de saint AugustinChapitre 5 sur 30 · AUGUSTIN A SEIZE ANS · texte numérisé non relu

AUGUSTIN A SEIZE ANS

'EST à cet âge qiC Augustin quitta Vëcole de Madaure et regagna la maison paternelle. En attendant les ressources suffisantes pour aller poursuivre ses études à Cartilage^ il dut passer une année entière dans une dangereuse oisiveté. Ces vacances forcées furent fatales à sa vertu plus que ne V avaient été les écoles publiques.

Monique, avec la claii'voyance de V amour matejmel, pressentait son malheur^ mais elle nen connaissait pas V étendue. Le jeune homme, orgueilleux et coupable, ne lui permettait plus de lire dans sesyeux ni d'entrer dans son âme obstinément ferjnée. Il ne put cependant lui tout cacher, et Monique., devinant ce que son Augustin rougissait de lui dire., lui adressait avec larmes de touchants conseils. Mais V enfant, revendiquant sa liberté d'homme, traitait tout bas les avis de sa mère de conseils de femme : monitus muliebres; échappant à la douce influence de cet Ange gardien, il se hâtait dans la voie du vice, pente rapide qui entraîne quiconque sy hasarde et ne fait pas effort aussitôt pour la remonter.

Il ne s'abandonna pas néanmoins au mal sans quelque résistance. Inquiet^ hésitant., il séjournait de temps en temps vers Dieu pour implorer son secours. Il lui disait : a Seigneur^ donnez-moi la chasteté, la continence... mais pas encore : Da mihi castitatem et continentiam, sed noli modo. > // craignait d'être trop promptement guéri de cette maladie de Vâme qiCil aimait mieux voir assouvie qu éteinte !

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JE veux rappeler mes turpitudes passées et les charnelles corruptions de mon âme, non que je les aime, mais afin de vous aimer, 6 mon Dieu ! L'amour que j'ai de votre amour me fait revenir sur mes voies perverses dans Pamertume de mon souvenir, afin de ne plus savourer que vous, Douceur qui ne trompez jamais, Béatitude toujours assurée, qui recueillez en vous toutes les puissances de mon être, comme autant de débris dispersés loin de votre Unité dans la multiplicité des créatures.

Aux jours de mon adolescence, brûlé par la soif des passions grossières, j'osai me répandre en mille affections ténébreuses ; ma beauté se flétrit, je ne fus plus que corruption à mes yeux, tandis que je me complaisais en moi-même et désirais plaire aux yeux des hommes (i).

Toute ma joie était d'aimer et d'être aimé. Hélas ! je ne restais pas au seuil lumineux de Famitié qui unit chastement Tàme à Tâme. D'impures vapeurs s'exhalaient de la fangeuse concupiscence de la chair et de l'effervescence de l'âge, aveuglant, offusquant mon

(^i) L. II, c. I.

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cœur, au point de ne lui plus laisser discerner Taffection sereine d'avec la noirceur du vice. LMne et l'autre fermentaient ensemble, entraînant ma faiblesse à ^travers les précipices et la jetant au gouffre du péché.

Sur moi s^appesantissait votre colère, et je Tignorais! Assourdi au bruit de la chaîne que traînait ma chair en punition de Porgueil de mon esprit, je m'éloignais de vous, et vous laissiez faire. Je m'élançais, je me répandais, je débordais, comme une eau écumante, sur vos créatures profanées, et vous vous taisiez. O ma tardive joie, vous vous taisiez alors, et j'allais, j'allais loin de vous, jetant sur ma route la semence des stériles douleurs, superbe dans ma bassesse, inquiet dans ma lassitude.

Jouet de mon ardeur misérable, livré au torrent qui m'emportait loin de vous, je transgressai toutes vos lois, mais je n'échappai à aucun des coups de votre justice. Quel mortel le pourrait ? Vous m'étiez toujours présent par vos miséricordieuses rigueurs, assaisonnant des plus amers dégoûts toutes mes joies coupables, pour me faire chercher des joies sans amertume. Et où donc les pouvais-je trouver , sinon en vous. Seigneur, en vous qui feigne\ de joindj^e la peine au précepte^ qui frappe^ pour guérir^ et donnei la mort^ de peu?' que nous ne mourions

a vous :

Où étais-je et dans quel exil, loin des délices de votre maison, en cette seizième année de mon âge, alors que je me courbais, volontaire esclave, sous le

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sceptre de cette passion insensée à qui les hommes, pour leur honte, laissent toute licence, mais que votre loi condamne (i)?

CETTE même anne'e, j'avais interrompu mes études, ramené de Madaure, ville voisine où j'avais souffert un premier exil, pour suivre des cours de lettres et de rhétorique. Il fallait réunir l'argent nécessaire à une pérégrination plus lointaine : mon père songeait à Garthage, consultant plus son ambition que ses ressources, car il était un des moindres citoyens du municipe de Thagaste.

Pour qui ce récit? Il n'est pas pour vous, mon Dieu; mais devant vous je l'adresse au genre humain, c'est-à-dire à ce petit nombre de mes frères aux mains desquels tombera cet écrit. Et dans quel dessein? Pour que tout lecteur considère avec moi de quel profond abîme il faut crier vers vous. Et qui donc est plus près de votre oreille, que celui qui se confesse de cœur et vit de la foi ?

Personne qui ne louât mon père de ce qu'il allait au delà de ses ressources pour fournir à son fils ce qu'exigeait cette éducation loin de la famille. Combien

(l) L. Il, c. 2.

de citoyens plus riches n'avaient pas le même souci de leurs enfants ! Hélas ! ce père ne s'inquiétait pas si je grandissais pour vous, ô Dieu bon, si j'étais chaste, pourvu que je fusse disert, le champ de mon cœur, dont vous êtes le seul maître, dût-il être désert et privé de votre culture.

Or, durant cette seizième année, des nécessités domestiques m'imposant ces vacances forcées sous le toit paternel , les ronces des passions s'élevèrent par-dessus ma tête, sans qu'une main fût là pour les arracher.

Malheureux! comment oserais- je dire que vous vous taisiez, ô mon Dieu, tandis que je m'éloignais de vous ? Est-il vrai que vous ne me parliez pas? Et de qui donc étaient les paroles que, par la bouche de ma mère, votre fidèle servante, vous murmuriez doucement à mon oreille? Rien n'en descendait dans mon cœur pour l'incliner à l'obéissance. Mais elle, avec quelle sollicitude, je m'en souviens, elle m'avertissait en secret d'éviter toute faute d'impureté et surtout l'adultère ! Ce n'étaient pour moi que des avis de femme, que j'eusse rougi d'écouter. Cependant c'étaient les vôtres, et je l'ignorais. Je pensais que vous vous taisiez, qu'elle

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seule parlait; et c'est vous qui me parliez par elle; c'est vous qu'en elle je méprisais, moi son fils, moi votre serviteur, fils de votre servante.

Je ne savais pas, et courais au précipice avec tant d'aveuglem.ent, que, parmi ceux de mon âge, j'avais honte d'avoir moins de sujets de honte, quand je les entendais se vanter de leurs excès, et s'enorgueillir d'autant plus qu'ils étaient plus infâmes. Nous nous plaisions à mal faire, non seulement par passion, mais par vanité. Qu'est-ce qui mérite le blâme, sinon le vice ? Et moi, pour n'être pas blâmé, je me faisais plus vicieux; à défaut de crimes réels, je m'égalais aux plus corrompus, en feignant d'avoir fait ce que je n'avais pas fait, de peur de paraître d'autant plus vil et plus méprisable que je serais plus chaste et plus innocent.

Voilà donc avec quels compagnons je parcourais les places de Babylone, et me roulais dans la fange comme dans le cinname et les parfums précieux ! Et pour m'y enfoncer plus avant, l'invisible ennemi me foulait aux pieds et me séduisait, moi si facile aux séductions !

LE larcin est condamné par votre loi divine, Seigneur, par cette loi gravée au cœur de Thomme et que n'efface aucune iniquité. Quel voleur permet

qu'on le vole? Quel riche pardonne le vol même à Textrême indigence? Pourmoi, j'ai voulu et j'ai commis un larcin, sans y être poussé par la pauvreté ou le besoin, mais par mépris de la justice, par plénitude d'iniquité. J'ai volé ce dont j'avais en abondance et de qualité bien meilleure; car je voulais jouir, non de l'objet volé, mais du vol lui-même et du péché.

Dans le voisinage de nos vignes, il y avait un poirier chargé de fruits dont la vue ou la saveur n'avait rien ae bien attrayant. Nous allâmes, troupe d'enfants méchants, secouer l'arbre et le dépouiller, à l'heure avancée de la nuit jusqu'où, selon notre détestable habitude, nous avions prolongé nos courses et nos jeux. Nous rapportâmes de grandes charges de fruits, non pour en faire régal, si toutefois nous y goûtâmes, mais pour les jeter aux pourceaux : en cela rien ne nous plaisait que de faire ce qui était défendu.

Voilà mon cœur, ô mon Dieu, voilà mon cœur que vous avez miséricordieusement regardé au fond de l'abîme. Qu'il vous dise maintenant, ce cœur, ce qu'il prétendait, lorsqu'il voulait être gratuitement mauvais et qu'il aimait le mal pour le mal même. Le mal est hideux, et je l'ai aimé ; j'ai aimé ma perte, j'ai aimé ma difformité; non l'objet pour lequel je l'affrontais, mais elle-même. Ame ignominieuse, tombée du hrmament de votre grâce dans le gouffre de la ruine, n'aspirant dans la honte à rien autre qu'à la honte (i)!

(0 L. ii,c. 3.

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Qu\vAis-JE donc le malheur d'aimer en toi, ô larcin, crime nocturne de mes seize ans ? Tu n'étais pas beau, étant larcin ; es-tu même quelque chose, pour que je te parle ?

Ces fruits volés étaient beaux, parce qu'ils étaient votre œuvre, Beauté infinie, créateur universel, Dieu bon. Dieu souverain bien, mon bien véritable ! Ils étaient beaux, ces fruits; mais ce n'était pas eux que convoitait mon âmemisérable. J'en avais de meilleurs en abondance; j'ai dérobé ceux-là, uniquementpour dérober. Car, à peine cueillis, je les ai jetés, ne savourant que l'iniquité où je trouvais ma joie. Si j'en portai quelqu'un à ma bouche, il n'eut pour moi que la saveur du péché.

Et maintenant. Seigneur mon Dieu, je cherche ce qui me plaisait dans ce vol, et je n'y vois aucune beauté. Je ne parle pas de cette beauté qui reluit dans l'équité, dans la prudence, dans l'intelligence de l'homme, dans sa mémoire, ses sens, sa vie corporelle; ni de la beauté de cette splendide armée des astres, de la terre, de la mer remplie d'être vivants dont les générations ininterrompues se succèdent; ni même de ce fantôme éphémère de beauté, qui voile les vices décevants.

Car l'orgueil contrefait Télévation, tandis que vous seul, ô mon Dieu, êtes élevé au-dessus de tous les êtres. L'ambition ne cherche que les honneurs et la gloire, tandis que vous seul devez être honoré et glorifié éternellement. La tyrannie veut se faire craindre; et qui est à craindre, sinon vous seul, ô Dieu, dont rien ne saurait tromper et fuir la puissance? Les caresses criminelles veulent surprendre Pamour; mais rien n'est plus doux que votre charité, rien n'est plus aimable que la beauté souveraine et la splendeur de votre vérité. La curiosité se donne pour la passion de la science; et vous seul savez à fond toute chose. Il n'est pas jusqu'à Tignorance et la sottise qui ne se parent du nom de simplicité et d'innocence ; mais vous êtes la simplicité infinie, l'innocence parfaite, car les méchants sont les seuls artisans de leurs maux. La paresse prétend aimer la paix; et le repos assuré n'est qu'en vous, Seigneur. Le luxe se donne pour la satiété et l'abondance; vous êtes le trésor surabondant et inépuisable des incorruptibles délices. La profusion prend le masque de la libéralité; mais vous êtes l'opulent dispensateur de tous les biens. L'avarice veut beaucoup posséder, et vous possédez tout. L'envie dispute la prééminence; quoi de plus éminent que vous? La colère cherche la vengeance ; qui se venge plus justement que vous ? La crainte frémit des périls inattendus qui menacent ce qu'elle aime; elle veille à sa sécurité; mais pour vous est-il rien de surprenant, rien d'imprévu ? Qui sépare de vous ce que vous aimez? Hors

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de vous où est la constante se'curité? La tristesse se consume dans la perte des choses où se plaît le de'sir, parce qu'elle voudrait qu'il lui fût, comme à vous, impossible de rien perdre.

Ainsi Tàme devient adultère, quand elle se retire de vous, pour chercher hors de vous ce qu'elle ne trouve, pur et sans mélange, qu'en revenant à vous. Tous ceux-là vous imitent, mais d'une façon criminelle, qui s'éloignent de vous, qui s^élèvent contre vous. Même en vous imitant ainsi, ils vous signalent comme le créateur de l'univers, et montrent qu'on ne peut vous fuir entièrement.

Dans ce larcin qu'ai-je donc aimé? En quoi ai-je imité mion Dieu, d'une imitation vicieuse et perverse ? Me suis-je plu à enfreindre la loi par la ruse, ne le pouvant par la force? Esclave, ai-je affecté une fausse liberté, en faisant impunément ce qui m'était défendu, pour jouer dans la nuit à la toute-puissance ?

Le voici, cet esclave, qui fuit son maître et n'atteint qu^une ombre. O corruption ! ô monstre de vie ! ô abîme de mort ! Ce qui était illicite a-t-il pu me plaire par cela seul qu'il était illicite (ij ?

QUE rendrai je au Seigneur qui permet que je puisse me rappeler ces fautes sans en redouter les suites ? Je vous aimerai, Seigneur, je vous re-

(i) L. II, c. 6.

mercierai, je louerai votre nom, pour m^avoir remis tantd'œuvres mauvaises et criminelles. A votre grâce, à votre miséricorde j'attribue la gloire d'avoir fondu mes péchés comme la glace. Oui, c'est à votre grâce que je dois tout ce que je n'ai pas fait de mal. De quoi n'étais-je pas capable, moi qui ai aimé le péché pour lui-même !

Mais tout m'est pardonné, je lésais, et le mal que j'ai fait de plein gré et celui que, grâce à vous, je n'ai pas fait.

Quel homme, méditant sur sa faiblesse, oserait attribuer à ses propres forces sa chasteté et son innocence, pour vous en aimer moins, comme s'il avait moins besoin de votre miséricorde qui pardonne au pécheur converti? Que l'homme docile à l'appel de votre voix, qui lit ces souvenirs et ces aveux, ne raille pas le malade guéri par le Médecin auquel il doit de n'être pas ou d'être moins infirme; qu'il vous aime autant, qu'il vous aime davantage, reconnaissant que celui qui me délivre est le même qui l'a préservé des mortelles langueurs du péché (i).

Malheureux! quel fruit ai-je recueilli de ces actions qui maintenant me font rougir, et surtout de ce larcin dont j'ai aimé uniquement la malice? Nul fruit sans doute, car ce péché, qui n'est que néant en lui-même, n'était pour moi qu'un surcroît de misère.

Seul, je ne l'eusse pas commis; non, si je me rappelle bien mes dispositions d'alors, seul je ne l'eusse

(0 L. II, c. 7.

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pas commis. En cela j'ai donc aimé la société des méchants, mes com.plices ; j'ai aimé quelque autre chose que le vol ; mais ce quelque autre chose luimême n'est rien!

Quel fut en réalité le motif de ma faute? Qui me renseignera, sinon Celui qui illumine le cœur et en dissipe les ténèbres? Ce motif, je le cherche, je le discute, je le médite. Si je n'avais eu pour but que d'avoir ces fruits et d'en jouir, j'y suffisais seul; je pouvais satisfaire ma convoitise sans l'irriter au contact de la malice d'autrui. Mais, comme ce n'était pas dans ces fruits que je cherchais mon plaisir, il est clair que je le trouvais dans le péché lui-même et dans la complicité des pécheurs (i j.

ET ce mauvais sentiment, qu'était-il? Ah! sans doute, quelque chose de bien honteux, et malheur à moi qui en fus possédé ! Mais qui pourra m'en expliquer la nature? Qiii a l'intelligence du péché (2) ! — C'était un rire malin qui nous chatouillait le cœur, à la pensée de tromper quelqu'un et d'aller contre sa volonté. Et pourquoi avais-je plaisir à ne pas agir ainsi seul? Est-ce que seul on a peine à

(1) L. II, c. 8.

(a) Ps. xviii, i3,

rire? Sans cloute; et cependant un homme seul est gagné par le rire, si quelque objet ridicule s'offre à son esprit ou à ses sens. Mais moi, je n'eusse rien fait seul, non, je n^eusse rien fait de semblable. J'expose devant vous, Seigneur, un souvenir encore vivant. Seul |e n'aurais trouvé aucun plaisirdans ce larcin...

O amitié ennemie ! ô incroyable séduction de Fesprit ! passion de s'amuser aux dépens d'autrui, sans motif d'intérêt ou de vengeance ! Il suffit que

quelqu'un dise : Allons ici, faisons cela *on

n'a d'autre pudeur que de n'être pas assez impudent (i).

Qui démêlera ces tortueux replis, ces nœuds inextricables? C'est une honte; je n'y veux plus penser, je ne la veux plus voir !

C'est vous que je veux, Justice, Innocence qui révélez à l'œil chaste votre radieuse beauté, et nous rassasiez en nous laissant toujours insatiables ! En vous est la paix sans trouble, la vie sans fin. Entrer en vous, c'est entrer dans la joie du Seigneur (2), c'est vivre sans crainte dans la jouissance parfaite du Bien parfait.

Je me suis écoulé, comme l'eau, loin de vous, mon Dieu, errantdès l'adolescence hors de votre stabilité; et mon âme est devenue pour moi-même une terre stérile et désolée (3).

(i) L. Il, c. 9.

(2) Matth. XXV, 21.

(3) L. II, c. X.

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