‹ La jeunesse de Stendhal (volume 2)Chapitre 108 sur 166 · L'expression de Beyle est plus précise · texte numérisé non relu

L'expression de Beyle est plus précise

2. Il sera malheureusement impossible de les reproduire jamais. J'ai publié

-ce qui était publiable dans le Journal d'Italie, 34-35.

3. 23 floréal : « J'ai eu la fièvre le soir » ; — 28 floréal : « J'ai eu un accès de fièvre très fort cette nuit » ; — l^'' prairial : « Ma fièvre quotidienne continuant toujours, je suis allé à Milan pour consulter M. Gonel » ; — 14 prairial : « Toujours la fièvre tous les soirs » ; — 20 prairial : « La fièvre dure toujours »; etc. (Jour, d'il., 10, 12, 13, IG, 17.) On trouvera dos détails sur sa santé, et les médecines qu'il prend, à chaque page du journal. (Cf. Corr., I, 10. J

d'étroits pcrtuis, la grâce imprévue de blanches arcades apparaît dans l'ombre des cours. Beyle, qui saura plus tard comprendre la beauté faite de raison et d'harmonie, ne sentira jamais le pittoresque, inventé par les romantiques. Sienne, Venise, le trouveront indifférent. Ne nous étonnons pas qu'il ait méconnu, à dix-huit ans, quelques vieilles rues de Bergame.

La vie de l'état-major n'offrait guère à sa curiosité. Quelques officiers qui passaient étaient reçus chez le général Michaud. Ainsi Beyle, le 19 floréal, eut l'honneur de dîner à la même table que le futur général Foy, qu'il placera un jour dans son cœur à côté de ses héros préférés, Byron, Napoléon. « C'est un jeune militaire de petite taille et de la plus grande espérance », écrit-il en 1801, non sans une espèce de perspicacité. Mais il note cju'il « a volé une voiture à Bergame », et donne sur l'état de santé du commandant Foy des détails qui ne devaient point passer à la postérité ^.

Dans cette petite ville, dans ce petit état-major, Beyle devient fort cancanier. C'est une forme de cet amour des anecdotes et des petits faits, qui contribuera plus tard à faire de lui un grand psychologue. Mais les commérages de l'état-major sont dépourvus d'intérêt pour le moraliste. Leur monotonie est fâcheuse. Il ne s'agit guère que de vols commis par les chefs : « Dalbon et Combe ont volé 100.000 écus... Le général Franceschi... est un lâche. » Il a volé « 2 ou 3 millions... Le général Brunet est venu... C'est un voleur, vain, bête, et bavard ^... » Beyle n'est point porté au respect de ses chefs.

Quant à ses camarades, on peut croire qu'il les méprise. Sans doute il court avec eux les théâtres, les cafés et les mauvais lieux de la ville ; et bien souvent il les étonne par ses accès de gaîté, sa verve folle, ses exagérations passionnées ; mais parfois aussi on le voit silencieux et sombre. Il n'est jamais à l'unisson.

Cette âme sans mesure ressemble trop peu aux autres

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