Jour, d'il
2. Il y avait à Bergame deux théâtres, l'un dans la basse ville, « très beau », un autre, de bois, sur la place de la ville haute. C'est celui-ci que fréquentait Beyle. {Jour, d'il., 7.)
3. Jour, d'il., 9, 11-12, 13, 18, 25, 27 ; c'est à Brescia qu'il voit les deux dernières pièces.
4. Id., 9, 13, 25, 27. Ce génie original ne pense qu'à traduire ou plagier.
LA CARRIÈRE ilILlTAIRE d'hENRI BEYLE 167
Mais surtout il lit, gloutonnement, tout ce qui lui tombe entre les mains, le plaisant et le sévère, les livres italiens et les livres français, et il ne trouve jamais qu'il en ait à sa suffisance.
A Milan, dans l'espace de quelques semaines, il a achevé d'oublier l'image d'une jolie femme en lisant les huit premiers volumes du Lycée de La Harpe, La Harpe est en ce temps-là, sinon son auteur préféré, du moins celui qu'il étudie avec le plus de persévérance ^. Il ne lui prend pas ses idées, qui ne lui plaisent guère -, mais il y « réfléchit profondément », et cherche pour elles, dans les pièces de théâtre, le contrôle de l'expérience ^.
Faute de livres français, il lit des livres itahens, parcourt la collection, en plus de quarante tomes, du Teatro moclerno applaudito, et se fait prêter le premier volume de Goldoni ; mais le libraire lui refuse le second, et il se rabat sur les opéras de Métastase *, dont la grâce légère et l'harmonieuse mélancolie le toucheront encore treize ans plus tard ^. Il est même si passionné de théâtre qu'il prend soin de noter en son journal les renseignements d'une gazette sur les tragédies et les comédies nouvelles que l'on vient de donner, aux Français ou à l'Odéon ^.
Mais les poètes ne lui font pas négliger les historiens. Pêle-mêle, et au hasard de ce qu'il trouve, on le voit lire V Histoire de France du président Hénault ' et V Histoire de Russie par Lévesque, le Siècle de Louis XV par ^louffle d'Anger\alle, et les Mémoires secrets de la République des Lettres, de Bachaumont. 11 parcourt quelques Mer cures
1. Il tourmente même sans cesse Pauline pour qu'elle le lise.
2. « ... son goût n'est pas sûr, mais il te donnera les premières notions... » (Let. du 22 août 1802, Corr., I, 33.) Il faut noter cette indépendance précoce à l'égard des théories littéraires à la mode.