‹ La jeunesse de Stendhal (volume 2)Chapitre 123 sur 166 · septembre · texte numérisé non relu

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Scala^, et quitta enfin cette ville où assez de souffrances s'étaient mêlées aux joies ineffables de sa première jeunesse pour qu'il ne pût jamais les oublier.

Il prit la route de Pavie ^, qu'il ne connaissait point encore ; mais il ne paraît avoir cherché dans cette vieille cité qu'un libraire, et chez ce libraire que les dernières nouveautés parisiennes. Puis, par Voghera, Tortone et Alexandrie, en traversant le champ de bataille de Marengo, que couvraient encore les ossements des chevaux et des hommes, par Asti, où il ne pensa point à Alfieri, Beyle, en trois jours de voiture, et non sans avoir craint les voleurs ^, finit par arriver dans le bourg piémontais que deux escadrons de son régiment occupaient alors *.

La petite ville de Bra n'avait pour elle que « sa charmante position », à l'extrême bord des collines qui dominent la plaine, en face des Alpes. On n'y trouvait nul plaisir mondain, et un seul billard devait suffire à l'oisiveté de toute la garnison. Beyle parcourait le pays en chassant avec son capitaine ; peut-être se rappelait-il que, cinq ans plus tôt, le jeune Bonaparte avait passé victorieux par ces vallées et ces montagnes, entre Montenotte et Lodi ^.

Il lisait surtout. Nous possédons, daté de « Bra, 10 vendémiaire an X », r « état des effets appartenant à M. Henri Beyle ^ ». On y voit le compte de ses bottes et de ses culottes, mais tout d'abord la liste de ses livre';. Si sa garde-robe est assez pauvre, sa bibliothèque est fort

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