‹ La jeunesse de Stendhal (volume 2)Chapitre 131 sur 166 · H. Br., II · texte numérisé non relu

H. Br., II

APRÈS l'iTALIE 191

Quant aux notions d'art qu'il a pu acquérir en Italie, mieux vaut n'en point parler, car nous ne savons bien ni ce qu'il a vu, ni ce qu'il a compris. Tout au moins conservera-t-il une impression tellement insignifiante des palais, des églises ou des tableaux de la Lombardie, qu'il aura encore tout à en apprendre quand il les reverra dix ans plus tard.

Sait-il au moins la langue de sa nouvelle patrie ? Il le prétend ^, mais nous ne pouvons l'en croire. La lettre qu'il écrit à sa sœur en italien est remplie de fautes grossières, et telle page de ses manuscrits nous prouve qu'il ignorait les mots les plus usuels -. Aussi bien n'est-ce pas l'usage qui a pu lui apprendre l'italien, puisque la langue du pays, celle que les habitants parlent entre eux, encore aujourd'hui, c'est le milanais à Milan ^, et le bergamasque à Bergame. Enfin, à son premier retour en Italie, Beyle doit lui-même reconnaître qu'il sait « l'italien beaucoup moins » qu'il ne se le figurait.

Pour connaître, avec leur langue, leur caractère, il aurait fallu fréquenter les gens du pays ; c'est là ce que Beyle n'a point fait *. La seule maison ovi il ait été reçu familièrement, à notre connaissance, est celle d'Angela. Et il ne songeait chez elle ni à étudier l'italien ni à observer les mœurs. Il a surtout vécu en Italie dans des maisons françaises, et au milieu des Français. 11 n'a vu les Italiens que de loin, du palais de l'ambassadeur ou du quartiergénéral de l'armée. C'est dire qu'il ignore l'âme des Italiens plus encore que leur langage. Et il l'avoue implicitement, à la fin de son séjour : « Lorsque je suis arrivé en Italie, je ne connaissais pas la Franc€ ; mon voyage ne

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