Voir par exemple le Journal
2. Je trouve à la bibliothèque de Grenoble (R 5896) une liste de mots ita liens que Beyle note pour en chercher le sens, alors qu'il lit Alfieri en l'an XI, et j'y relève les mots suivants : sensi, scliiefto, apparar, avvezzar, schernire, spegnere, parecchi, harluine, s/piallore, tous mots très simples et fort courants.
3. Foscoio n'écrit-il pas dans Jac. Ortis (100) qu'à Milan « la gonle civile parla elejranteniente il i'ranccse, e appena intende lo schietto toscano » ?
4. Il est lo premier à le reconnaître. Il écrit en 1811 : « Je n'ai que le cœur italien ; si, en 1800, j'eusse été mtlé dans la société, comme je le suis actuellement,... j'aurais pris les manières italiennes. » (Journal d'Italie, 167.)
peut donc m'ètre utile que lorsque je connaîtrai la France ou tout autre pays, et que je serai à même de comparer ^. »
Non pas qu'il n'ait pu faire lui-même, ou recueillir de ses compagnons, quelques observations faciles ; il a remarqué le nombre des couvents et la fréquence des crimes à Brescia, le fanatisme des campagnes lombardes. Mais ces faits ne prendront d'intérêt que si Beyle, plus tard, les complète par d'autres, et en dégage une loi générale.
Il y a pourtant un trait qui l'a frappé et ravi, le seul peut-être qui reste dans sa mémoire, comme l'originalité charmante des mœurs italiennes : les femmes y sont amoureuses et faciles. Tous ses camarades ne lui ont-ils pas conté un nombre incroyable de bonnes fortunes ? les amours de quelques grands chefs ne sont-ils pas publics ? Enfin, si lui-même n'a aucune expérience qui puisse confirmer l'expérience générale, du moins ne possède-t-il pas au fond de son cœur l'image d'Angela ? Il sait par son amant qu'Angela n'est point farouche ; il lui suppose, puisqu'il l'aime, de la tendresse, de la passion, la sensibilité romanesque des plus poétiques héroïnes. Et, par une naturelle induction, il prête à toutes les Italiennes la belle âme d'Angela.
Cette idée un peu fantaisiste de la femme italienne est sans doute la notion la plus précise que Beyle a pu acquérir dans son voyage ^.
En quittant l'Italie, il n'en peut donc emporter qu'une image superficielle et incomplète. Il en connaît seulement quelques paysages piémontais et lombards ; il a entrevu un petit nombre de monuments et de musées, à Milan, Bergame, Brescia ou Mantoue ; il a écouté, avec plus de passion que de goût, les opéras à la mode ; des Italiens