‹ La jeunesse de Stendhal (volume 2)Chapitre 16 sur 166 · H. Br.,., II, 91. V '^t'-^'^-*^ ^-xn.-x · texte numérisé non relu

H. Br.,., II, 91. V '^t'-^'^-*^ ^-xn.-x

3. « Mon grand-père, homme du monde, m'avait dit : « Tu es laid, mais personne ne te reprochera jamais ta laideur. » (H. Br., I, 159.)

et les inquiéter. On le leur annonçait comme un jeune homme remarquable, la gloire de l'Ecole centrale ^. Il semblait en effet assez plein de lui-même ; guindé dans sa timide fierté, on pouvait le prendre pour un pédant tout gonflé des succès scolaires remportés dans sa petite capitale. Le scepticisme avisé de ces provinciaux qui s'étaient faits Parisiens dut se défier. Ce garçon si gauche et si peu maniable cachait-il un cuistre, ou un jeune homme d'avenir, qui méritât d'être recommandé dans les bureaux des ministères, sans devenir un embarras pour ses protecteurs ?

Henri Beyle de son côté se trouva tout de suite mal à son aise au milieu de ces parents si bienveillants et si froids.

Le chef de la famille, Noël Daru, était un vieillard de soixante et onze ans ^. Sa politesse stricte, sa condescendance glacèrent Beyle. Il n'a jamais pardonné à cet homme grave le respect terrifié qu'il lui inspira dès l'abord : (( M. Daru le père me reçut avec des phrases d'affection et de dévouement pour mon grand-père, qui me serraient le cœur et me rendaient muet ^. » Aussi M. Daru a-t-il la première place dans cette galerie de portraits de famille, où leur jeune cousin a gravé la figure de ses bienfaiteurs d'un trait dur, acéré, inoubliable.

« M. Daru,... fds d'un bourgeois prétendant à la noblesse,,., était fils de ses œuvres. » — « ... homme adroit et peu sensible,... il quitta Grenoble, sa patrie », pour faire fortune. « Il voulait aller en Amérique. Le hasard le fit secrétaire » de M. de Saint-Priest *, intendant du Languedoc. « Il avait traversé la Révolution avec adresse, et sans se laisser aveugler par l'amour ou la haine qu'il pouvait avoir pour les préjugés, la noblesse et le clergé.

1. « Mes parents m'annonçaient sans doute comme un prodige en tout genre. (H. Br., II, 124.)

2. Et non « de quelque soixante-cinq ans », comme écrit Beyle. M. Chuquet consacre une page de son livre à sa femme et à lui. On y trouvera quelques dates et quelques faits utiles. {Stendhal-Beyle, 31-32.)

Page 1