‹ La jeunesse de Stendhal (volume 2)Chapitre 17 sur 166 · H. Br., II · texte numérisé non relu

H. Br., II

4 Ce nom donné par M. Chuquet, 31

C'était un homme sans passion ^.. » Voilà justement ce que Beyle ne lui put pardonner. Impétueux et tendre, il fut décontenancé à jamais par ce « beau vieillard », qui « avait un œil... de travers et l'air assez faux. »

Madame Daru ne lui agréa point davantage. « M. Daru... avait avec lui une petite vieille toute ratatinée, toute provinciale 2, qui était sa femme... » — « Riche, dévote, et de peu d'esprit..., cette femme a fait toute sa vie son devoir à l'heure prescrite... » — « Je n'ai jamais rencontré d'être qui fût plus complètement privé du feu céleste. Rien au monde n'aurait pu émouvoir cette âme pour quelque chose de noble et de généreux 3... »

C'est dans le salon correct et bourgeois de ces deux vieillards que Beyle eut l'idée saugrenue de chercher « le feu céleste », et s'indigna presque de ne le point trouver. Ce poète naïf, qui avait appris le monde dans Florian, l'Arioste et Jean- Jacques, considérait avec un dégoût mêlé d'ahurissement le protocole mondain du Paris de l'an VIII *.«... Je sentais que personne ne me comprendrait, quelles figures pour leur parler de ma tendre admiration pour Bradamante ^ ! »

Il l'essaya pourtant : car Beyle, au lieu de s'abandonner

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