Cf. H.Dr., II
2. C'était du moins l'apparence ; mais la réalité fut moins tra;^lque. (CF. plus haut, p. 24, note 3.)
3. La Cléopédie ou la Théorie des Réputations en littérature parut en 1800. Beyle, sous-lieutenant au 6* dragons, emportera en- campagne la Cléopédie et Y Epître à Delille.
Picard, une copieuse correspondance littéraire, d'Allemagne ou d'Autriche il corrige leurs pièces de théâtre, les conseille, les encourage, et termine ses lettres par de petits vers. Comme Henri Bcyle, il emporte en campagne ses livres favoris.
Et quand il est déchu de ses grandeurs, après 1815, c'est à la littérature qu'il s'adresse, tout comme Beyle, pour assouvir une activité que n'avaient pas lassée vingt ans de guerre et l'organisation des armées de l'Empire. Tandis que Beyle va se consoler de sa chute à Venise et à Milan, en écrivant son Histoire de la Peinture, Pierre Daru s'en console, à Paris, en commençant son Histoire de Venise ^. Et, si l'on ajoute à tant d'ouvrages parus maint éloge académicfue, — un genre où il excellait, — et tant de manuscrits qui ne verront jamais le jour, ce soldat, ce ministre, célèbre par son labeur dans les bureaux et dans les camps, a, pour se délasser, plus noirci de pages blanches que Stendhal lui-même, dont les innombrables manuscrits découragent les plus fervents admirateurs.
Deux ans avant sa mort, Pierre Daru écrivait à son fils 2 : « J'ai trouvé dans l'étude des lettres, au bout d'une vie déjà longue et traversée par bien des événements, un grand charme, une grande utilité, souvent de grandes consolations... Les lettres m'ont été toujours secourables, utiles et douces : cultive-les... »
Un homme de guerre si passionnément épris des lettres aurait dû être pour son jeune cousin, en ce temps de généraux incultes, la plus précieuse des compagnies ^. On a même supposé * que la continuelle fréquentation de ce bel esprit avait eu sur Stendhal une influence profonde.
1. Les sept volumes en sont publiés en 1819, et, sept ans plus tard, les trois volumes de l'Histoire de Bretagne.