‹ La jeunesse de Stendhal (volume 2)Chapitre 33 sur 166 · Journal · texte numérisé non relu

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2. li est le premier à l'avouer : « J'oubliais tout à fait les excellentes leçons d'amour que m'avaient jadis données mon oncle Gagnon et mon ami et protecteur Martial Daru. — Heureux si je me fusse souvenu de ce grand tacticien ! Que de succès manques ! Que d'humiliations reçues !... » [Soui^. d'égcl., 123.)

toujours ^. A vrai dire, Martial lui a rendu de grands et de petits services ; en 1800, à Paris, il est le premier qui fasse espérer à Beyle le chapeau brodé et l'habit bleu du commissaire des guerres ^ ; on verra bientôt comme il l'accueille en Italie, et lui rend inoubliable le temps de leur intimité dans la casa d'Adda ^ ; à Paris, de 1803 à 1806, Martial ouvre à Beyle les salons, les coulisses * : il le forme, le dégrossit et le déniaise ; c'est grâce à lui que Beyle reprend du service dans la Grande Armée en 1806, et commence une carrière que la chute de Napoléon interrompit seule. Mais, parmi tant de bienfaits, le seul dont Beyle lui garde une véritable gratitude ^, c'est d'avoir voulu l'initier à l'art délicieux de conquérir une femme : il fut, écrira-t-il en guise d'oraison funèbre ^, « mon bienfaiteur, le maître qui m'avait appris, à Milan, en 1800, et à Brunswick, en 1807, le peu que je sais dans l'art de me conduire avec les femmes. »

1. Il écrit à sa sœur, en 1805 : » ... l'excellent, le charmant, le bon, le courageux Martial Daru,... un de ces hommes que j'aime le mieux et... qui, sans exception, a eu le plus de bontés pour moi. » {Corr., I, 177.)

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