‹ La jeunesse de Stendhal (volume 2)Chapitre 34 sur 166 · II. Br · texte numérisé non relu

II. Br

3. « Xc croyez pas cjue c'est Paris que je désire, lui écrit Beyle en 1806 : c'est la vie de la casa d'Adda, ce sont les bontés dont vous me comblez, c'est l'espoir de pouvoir acquérir quelques-unes de ces qualités qui... vous font adorer par tout ce qui vous entoure. » [Corr., I, 273.)

4. Ce ne peut être, quoi qu'en dise M. Chuquet [op. cit., 39), en 1800, que Martial Daru le menait chez la célèbre Clolildc, « alors première danseuse à l'Opéra. Quelquefois — quels beaux jours pour moi ! — je me trouvais dans sa loge à l'Opéra et devant moi, quatrième, elle s'habillait et se déshabillait. Quel moment pour un provincial ! » (Som>. d'égol., 110.) Clotilde n'apparaît que dans le Journal de 1810 (356).

5. Gratitude qu'il ne sut guère lui montrer de son vivant, il se le reproche un peu tard. (//. Br., II, 199.) De 1815 à la mort de Martial Daru (18 juillet 1827), il le négligea même -presque autant que son frère.

0. Dans cette oraison funèbre, il glisse pourtant ce détail indiscret, que l'éditeur des Soiwenirs d'Egotisrne n'a point reproduit (19) : « [Vers 1819, mourut l'aimable Martial Daru], devenu lourd et insignifiant à force de breuvages aphrodisiaques au sujet desquels j'ai eu deux ou trois scènes avec lui. » (BibL de Grenoble.)

0 Que faire d'un animal si orgueilleux et si ignorant ? »

{H. Br., II, 133.)

Il n'était plus question, dans la famille de ses protecteurs, que de la besogne mystérieuse et importante qui retenait toute la journée Pierre Daru au ministère de la guerre. Souvent on l'attendait une heure ou deux pour dîner, et Beyle le voyait arriver « enfin avec la physionomie d'un bœuf ^, excédé de peine et des yeux rouges. » « Il se tuait de travail, mais il faut avouer qu'il en parlait sans cesse et avait toujours de l'humeur en venant dîner... Dans le fait, tout était à réorganiser et l'on préparait en secret la campagne de Marengo ^. » l^X.vi^\. '-S ■::r:

Un jour, Pierre Daru emmena Beyle à son bureau ^, pour le faire collaborer aussi à la .préparation de Marengo.

Le rôle de Beyle se bornait à écrire des lettres, apparemment les plus simples qu'on pût trouver à lui confier. Et pourtant « à peine la moitié » méritaient d'être signées. Ilenri Beyle n'avait aucune des vertus qui font un bon commis, pas même une belle écriture. Et Pierre Daru, qui était méticuleux, ne vit point sans scandale ce jeune homme si plein de prétentions écrire « cela » avec deux 1. C'"*

Cette faute d'orthographe, — demeurée célèbre parmi les stendhaliens, — faillit gâter la fortune d'PIenri Beyle. Du moins Pierre Daru ne le fit-il pas nommer, comme d'autres, ses camarades Barthomeuf et Cardon *, adjoint

1. Beyle s'est-il rappelé le mot attribué à Napoléon, qui aurait dit de Daru : « C'est un bon bœuf de labour », expression plus tard embellie dans le Mémorial de Sainte-Hélène : « Daru, le travail du bœuf, et le courage du lion » ? (Biogr. Michand.)

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