‹ La jeunesse de Stendhal (volume 2)Chapitre 50 sur 166 · H. Br., II · texte numérisé non relu

H. Br., II

2ê Contrairement à ce que j'avais supposé dans Arrigo Beijle Milaneae {Revue Bleue du 26 septembre 1903). Mais Beyle n'écrit-il point à Martial, le 1" juin 180G {Corr., I, 273) : « ... j'aimerais mieux copier des revues dans votre bureau qu'une place de six mille francs à deux cents lieues... [Ce] que je désire, c'est la vie de la Casa d'Adda... » Naturellement nous ne pouvons savoir si Beyle logeait dans la Casa d'Adda, ou venait seulement y travailler avec Martial. La première lettre qu'il écrit de Milan (10 messidor) est sur papier du o sousinspecteur Martial Daru ». Mais Beyle travailla aussi dans les bureaux de Pierre Daru, au quartier général de l'armée : les lettres du 6 vendémiaire et du 2 nivôse an IX portent le nom de » l'inspecteur aux revues » Daru. (Toutes ces mentions ne sont pas fidèlement reproduites dans l'édition de la Correspondance.) Cf. sur ce point Journal d'il., IIG. — D'autre part, dès la fin de juin 1800, une lettre (mal placée et faussement datée dans la Corresp., p. 20) porte le cachet du Ministre extraordinaire, donc de Pctiet.

Il en faut conclure sans doute que Beyle, n'ayant aucun titre ofTiciel, passait d'un bureau à l'autre. Cependant, s'il logeait à la casa Bovara, chez Petiet, comme on va le voir, c'est sans doute que ses occupations les plus constantes l'y retenaient.

Sans doute Martial Daru, continuant l'épreuve commencée à Paris, le faisait-il travailler dans son bureau.

Mais bientôt ses cousins s'efforcèrent de lui trouver une position plus stable. Claude Petiet ^ venait d'être nommé par Bonaparte gouverneur de Lombardie, avec le titre de ministre extraordinaire ^. Pierre Daru, de lonf^ue date son collaborateur et son ami, dut lui recommander le petit Beyle. Et Petiet le prit dans ses bureaux. Il fit plus ; il le logea dans son palais.

La casa Bovara ^ semble encore aujourd'hui pleine de fraîcheur. Avec sa façade froide, régulière, aux fines moulures classiques, dans le goût de la fin du xviii^ siècle, elle faisait alors un des plus nouveaux ornements du Corso di Porta Orientale. Sa porte mesquine, encadrée de deux colonnes, vit bien souvent le jeune Beyle s'échapper plein de tendres espoirs, et le vit bien souvent revenir mélancolique et déçu.

1. Sur Claude Petiet (1749-1806), voir Chuquet, Stend.-Beyle, 48-49 ; Driault, Napoléon en Italie, 47, etc.

2. L'arrêté est du 17 juin [Corr. de Nap. I", VI, 464). Beyle se trouve le 20 juin sur le lac Majeur (cf. plus bas, p. 72). Dès son retour, il écrit de la casa Bovara. On peut donc supposer qu'il passa environ quinze jours à la casa d'Adda, et s'installa à la casa Bovara après son voyage, entre le 20 et le 30 juin.

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