‹ La jeunesse de Stendhal (volume 2)Chapitre 67 sur 166 · P. 142 et suiv · texte numérisé non relu

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4. Il s'est tenu là longtemps encore. Depuis quelques années seulement, et surtout depuis la création du nouveau parc derrière le Castello, les bastions de la Porta Venezia sont désertés. D'ailleurs l'habitude du corso, si chère à toutes les villes italiennes, est à peu près perdue à Milan.

5. Aujourd'hui filla Reale. Tout cet aspect n'a pour ainsi dire pas changé depuis Stendhal. On a seulement beaucoup agrandi les jardins publics, qui ont quadruplé d'étendue. Mais, à la place des parties nouvelles, il y avait déjà des ckamps ou des jardins particuliers.

y^ LA JEUNESSE DE STENDHAL

dôme de Milan... La campagne... vue des remparts... est tellement couverte d'arbres, qu'elle présente l'aspect d'une forêt touffue ^... Par delà... s'élève à .quelques lieues de distance l'immense chaîne des Alpes, dont les sommets restent couverts de neige, même dans les mois les plus chauds^... Ces sommets âpres et couverts de neige forment un admirable contraste avec les sites voluptueux de la plaine et des collines..., et semblent dédommager de la chaleur extrême^... Sous cette belle lumière de l'Italie, le pied de ces montagnes... paraît d'un bleu * foncé : ce sont absolument les paysages du Titien... »

Mais était-ce le paysage du Titien que Beyle venait ici chercher, au temps de Marengo ? Ou ne regardait-il pas davantage un plus vivant spectacle ?

« Toutes les voitures se rangent à la file, après avoir fait une fois le tour du Corso, et restent ainsi une demiheure. Les Français ne pouvaient revenir de l'étonnement que leur causait ce genre de promenade sans mouvement ^. Les plus jolies femmes venaient au Corso dans des voitures fort peu élevées au-dessus de terre, nommées hastardelles, et qui permettent fort bien la conversation avec les promeneurs à pied... Avant l'arrivée de l'armée, on ne voyait jamais que deux rangs de voitures au Corso ; de notre temps on en vit toujours quatre files, occupant

1. Il en fut ainsi pendant toute la première moitié du siècle dernier. Aujourd'hui toute une ville neuve s'étend au delà des remparts, et la gare voisine a contribué encore à détruire la vue gracieuse que décrit Stendhal.

2. Comme toutes les fois qu'il s'agit de Milan, Stendhal embellit. La vue des Alpes est bien telle qu'il la décrit, mais les IMilanais en jouissent rarement. Invisible l'hiver .i cause de la brume qui couvre toute la Lombardie, la buée chaude qui monte de cette plaine détrempée pendant l'été la laisse alors rarement apercevoir.

3. On sait que Milan est en été la ville la plus chaude de l'Italie. La température fut particulièrement pénible pendant cet été de l'an VIII. Beyle s'en plaint souvent dans ses lettres à Pauline : « Nous avons ici des chaleurs extraordinaires qui nous accablent horriblement. D'abord nous avons cru pouvoir les braver en nous emplissant de glaces, mais nous avons éprouvé qu'elles nous échauffent après nous avoir rafraîchis un instant. » (10 messidor : Corr., I, 7.)

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