‹ La jeunesse de Stendhal (volume 2)Chapitre 68 sur 166 · Blond dans le texte, erreur évidente · texte numérisé non relu

Blond dans le texte, erreur évidente

5. Desaix en effet ne trouve que monotonie et ennui à de pareilles distractions.

toute la longueur de la promenade, et quelquefois six^... »

Au milieu de ces femmes élégantes, les officiers français faisaient caracoler leurs chevaux, et promenaient leur brillant uniforme. Cependant Beyle les regardait avec envie, ne se doutant point qu'un jour lui-même ne serait plus dans cette foule un étranger solitaire, mais, devenu Milanais, viendrait comme les autres retrouver au corso sa maîtresse.

Quand le soir tombait, à l'heure de VAve Maria, les voitures se remettaient en marche, et les dames, sans descendre, venaient prendre des glaces au café à la mode, celui de la Corsia de Servi ^.

Tous les jeunes officiers s'attablaient là : et c'était sans doute le moment où ils se contaient leurs bonnes fortunes, tandis que défilaient sous leurs yeux leurs conquêtes. Mais Beyle était bien empêché de narrer ses exploits. Plus souvent silencieux, il essayait parfois de mettre la conversation sur quelque sujet à lui plus familier, la littérature par exemple. C'était là son fort. Et pareille supériorité le consolait presque de réussir mal dans la galanterie ^. Quelquefois aussi, — et c'était apparemment mieux à la mesure de ces jeunes guerriers ignorants, — il arrivait à Beyle de jouer au loto ^.

Le soir, il s'en allait au bal.

Dès l'arrivée des Français, les bals s'étaient multipliés : nouveau grief pour ces < Austriacanti », devenus austères par esprit d'opposants, et qui accusaient l'armée

1. La description de Desaix [liv. cit., 92-93) conGrme celle de Stendhal : «... tous ceux qui ont des voitures (et le nombre en est immense à Milan), vont, en voiture beaucoup plus ouverte que les nôtres, y faire trente ou quarante tours de promenade à la file. On voit souvent quatre rangs de voitures, jusque même six... Après plusieurs tours, on se met de côté dans un ranf^ qui reste établi et on rcjcarde passer les autres. On se promène quelquefois à pied, mais rarement ; la poussière est assommante, quoiqu'on arrose souvent. » Cf. les lettres de Maurice Dupin, déjà citées.

Dans la Miscellanea politica (Bibl. Ambrosienne), on signale aussi la reprise brillante du corso au mois d'août 1800.

2. Vie de Aap., 145. — La Corsia dci Seri'i continuait, en allant vers le Dôme, le Corso di Porta Orientale. Ici encore Stendhal était donc près de chez lui.

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