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2. Jomini, Guerres de la Réoohilion, XIV, 1G3. — On trouvera un récit assez complet de la campagne du Mincio dans le Précis des événements militaires..., de Mathieu Dumas, t. V, p. 244-312. Voir aussi les Mémoires de Marmont, II, 158-178.
3. C'est du moins ce qu'il faut bien conclure de la lettre de Daru : • Je l'avais fait nommer provisoirement... à une sous-lieutenance dans le 6^ régiment de dragons. Le chef de ce corps, qui est de mes amis, me le laissa pendant quelques mois. » (Appendice.) Ce texte oblige à interpréter d'une façon toute nouvelle les faits déjà connus.
4. D'après les conventions, les hostilités peuvent recommencer dans la nuit du 2 au 3. (Archives de la Guerre, Armée d'Italie : lettre de Brune au ministre.)
5. Le 6* dragons devait avoir quitté Lodi depuis quelques jours déjà. Les états de situation de brumaire manquent aux archives de la Guerre, mais Brune n'avait pas attendu la fin de l'armistice pour mettre son armée en campagne. On ne peut donc croire avec M. Chuquet que, son régiment tenant garnison à Lodi, le « sous-lieutenant Beyle eut l'occasion d'étudier sur les lieux la campagne de 1796 » (54).
Dans un fragment d'Henri Brulard, inédit jusqu'à hier, et dont Colomb s'était inspiré sans le bien comprendre, Beyle se rappelait avoir été « reçu souslieutenant au 6^ régiment de dragons à Bagnolo * ou Romanengo, entre Brescia
* Je restitue le nom, peu lisible sur le manuscrit. M. Débraye (//. Br., II, 200) a lu Rapallo cl Roncanago, versions inadmissibles.
Par malheur pour Beyle, le général Brune n'entendait rien à l'offensive. Vingt jours plus tard, l'armée française n'avait pas encore bougé ^. Dix-huit régiments de cavalerie étaient massés autour de Brescia ^. Le 13 frimaire, Brune les avait passés en revue dans la plaine de Montechiaro ; puis il les avait renvoyés dans la boue de leurs cantonnements.
Trois jours après, Beyle écrivait à sa sœur une longue lettre désenchantée ^. Il campe avec ses compagnons d'armes à Bagnolo, « un petit mauvais village cisalpin, à trois lieues de Brescia * ». On y manque parfois de pain, et Beyle n'aime pas la polenta. On n'a point le droit d'aller jusqu'à la ville, car il faut être prêt à marcher contre l'ennemi ^. Enfin l'on n'y trouve même pas une bonne plume, cruelle privation pour un écrivassier comme Beyle. Le seul plaisir est la chasse, mais « les pluies éternelles » la permettent rarement. D'ailleurs, dès qu'un Français se promène seul dans la campagne, « les balles pleuvent ». Aussi Beyle n'a-t-il plus d'illusions sur « le bas-peuple italien ». Ce sont « des brutes à figure humaine », « un cœur faux et traître, la plus sale lâcheté et le fanatisme le plus détes-
et Crémone..., au mois d'octobre ou de novembre... » Romanengo est un village situé sur un afïluent de droite de l'Oglio, ;i peu près à égale distance de Milan et de Brescia ; Bagnolo est au contraire tout proche de Brescia. Le 6^ dragons, venant de Lodi, dut en effet passer à Romanengo avant d'atteindre Bagnolo, et c'est apparemment dans le premier de ces deux pays que Beyle rejoignit son régiment. Quant à la date de sa réception, nous la pouvons préciser, d'après les archives de la Guerre. Dans le registre matricule du 6^ dragons, Beyle est porté comme ayant été « fait officier le 1^' frimaire an IX ». (Même indication dans le registre des officiers, et sur le certificat que je publie à l'appendice.) Cette indication, qui ne peut s'appliquer à la nomination de Beyle comme sous-lieutenant, doit rappeler seulement la date où il fut admis officiellement à son corps et reçu parmi les officiers du 6^ dragons.
1. Le quartier général était venu s'établir à Brescia le 30 brumaire ; il y était encore le 18 frimaire (Arch. de la Guerre : Armée d'Italie).