H. Br., I, 25; II, 64. — Cf. Corr,, I
4. « Ma cohabitation passionnée avec les mathématiques m’a laissé un amour
fou pour les bonnes définitions, sans lesquelles il n’y a que des à peu près, » (HBr, 11005)
transportées maladroitement hors de chez elles, que Beyle doit, pour une part, son abus de la raison raisonnante? Qu'il s’agisse d’art ou bien d’amour, il n'importe, Beyle pose des formules, en tire des déductions, et conclut. Aucune réalité ne l’arrête, il se grise de logique, il pousse à bout sa dialectique, avec une assurance imperturbable : sûr moyen d'aboutir aux théories les plus singulières.
A la vérité, cette double dépravation de son intelligence, — un dogmatisme trop péremptoire, un excès de logique paradoxale, — contribue à la curieuse originalité d'Henri Beyle. Comment en vouloir aux mathématiques ?
Il n’en a point tiré d'autre profit. Sa supériorité sur ses camarades le désignait pour l'Ecole Polytechnique. Mais il est dans la destinée de Beyle de briser à chaque instant la logique de-son existence. Et nous verrons bientôt comment il ne fut ni ingénieur ni officier d’artillerie. Du moins il remporta le prix de mathématiques ? :
«… Ce fut un triomphe pour moi... Je fus éloquent au tableau ; c’est que je parlais d’une chose à laquelle je réfléchissais passionnément depuis quinze mois au moins, et que j'étudiais depuis trois ans. »
Ce jour-là, Beyle connut l’enivrement de la gloire ?. Et, comme il convient aux grandes passions, cette heure inoubliable fut la dernière de ses études mathématiques. Il ne connut pas le déboire du lendemain ; il leur dit adieu
pour jamais.
C’est là tout ce que nous savons des études de Beyle à l'Ecole centrale, en ces trois branches maîtresses : belles-
4. « Je remportai le premier prix sur huit ou neuf jeunes gens, la plupart plus âgés et plus protégés que moi, et qui tous, deux mois plus tard, furent reçus élèves de l'Ecole Polytechnique. » (H. Br., IT, 70.) M. Chuquet corrige ici l’allégation de Beyle : cette année-là, deux candidats de Grenoble seulement furent reçus ; il est vrai que sept le furent l’année suivante. (Lip. cit., 27.)
2, « … le soir du jour que mon nom fut affiché avec tant de gloire, vois passant dans le bois du Jardin-de-Ville,.… avec Bigillion et deux ou trois autres, enivrés de mon triomphe... Après cet examen triomphant...» (H. Br.,