II
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lettres, logique, mathématiques. Leur influence dans la formation de son esprit fut à coup sûr grande et durable. Mais il est plus difficile de préciser les connaissances qu’il avait acquises. Ces études passionnées et fragmentaires, d’ailleurs beaucoup trop brèves, si elles lui furent bienfaisantes, laissèrent sans doute maintes lacunes dans son cerveau. Je me garderai de le déplorer. Mais enfin il faut bien avouer qu’il ne savait pas l’orthographe 1. Beaucoup des notions indispensables pour passer aujourd’hui un examen élémentaire, en géographie, histoire, grammaire, eic., lui manquaient. En revanche, il avait creusé obstimément fquelques matières qui amusaient son esprit studieux, il possédait en science, en littérature, en philosophie, quelques idées solides, et même quelques idées personnelles. Disons en un mot qu’à 16 ans, à cet âge où, si prématurément, Beyle achève, et pour jamais, ses études régulières, il a, comme dit Montaigne, la tête bien faite plutôt que bien pleine. « À douze ans.:., avoue-t-il lui-même, j'étais un prodige de science et, à vingt, un prodige d’ignorance 2. »
1. Comme le prouvent l’anecdote bien connue de cella écrit avec deux l, et, mieux encore, ses manuscrits.
Il ne savait guère mieux la syntaxe, et l’on peut relever quelques solécismes dans ses premières lettres à Pauline.
2RHPBT; 180;