‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 172 sur 369 · Il l'avait su pourtant (voir Corr., IT · texte numérisé non relu

Il l'avait su pourtant (voir Corr., IT

* Ilest vrai que, selon Beyle, ces dessins ne valaient rien. L'essentiel, pour L. J. Jay, c'était le rigoureux parallélisme des hachures.

dont les œuvres étaient présentées pour modèles », puis il commentait lui-même cette lecture 1.

C’est donc par la bouche de Jay que Beyle a entendu pour la première fois parler beaux-arts ; et les premières théories qui entrent dans un esprit tout neuf n’y laissentelles pas toujours leur trace ?

Or nous connaissons les théories de Jay, nous savons même de quel ton il les devait débiter à ses jeunes auditeurs ébaubis. Le professeur se révèle tout entier dans la traduction des Leitere Piütoriche, qu’il donna en 1817 2.

Le titre en est déjà une hâblerie : le nom, de l’auteur du recueil, Bottari, disparaît presque, tout detit, à côté de celui du traducteur, énorme :

PATAUAN

Correspondant de l’Institut royal de France, de l’Académie des Arcades de Rome, de celle des beaux-arts de Pérouse et de Grenoble, ancien professeur de l’école centrale, et ancien conservateur du musée de cette ville.

Même en ce temps de phrases et d’emphase, Jay devait surprendre ses auditeurs par l’excès de sa rhétorique. La prosopopée est son style habituel, et voilà sans doute en quel langage il apostrophait ses élèves : « C’est donc à vous, amans passionnés des beaux-arts, amateurs ou artistes, que je présente la portion la plus précieuse et la moins connue de l’immense héritage que ces crands hommes nous ont laissé ; c’est Vous, que je regarde comme mes amis, par l’enthousiasme qui nous est commun, qui communiquerez à d’autres l'instruction que vous y aurez puisée vous-mêmes... Artistes et amateurs ! bientôt vous allez jouir de l’entretien de ces artistes immortels. Bientôt vous allez les entendre 8... »

1. Rochas, Biog. du Dauphiné : Rapport précité au préfet de l'Isère. — En Pan VI, ces leçons d'esthétique et d'histoire n'avaient lieu qu’une fois par mois, (Programmes des cours. pendant l’an VI, Arch. de Gren., LL 223.)

2. Recueil de lettres sur la peinture, la sculpture et l'architecture, écrites pas les plus grands maîtres et les plus illustres amateurs qui aient paru dans ces trois arts depuis le XV® siècle jusqu'au XVIIIe : Paris, 1817. — Il avait déjà publié, en l’an IX, une notice sur le musée de Grenoble. (Grenoble, in-8°.)

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