Fragments de la préface
Mais le voici, grave et pénétré, qui affecte le ton de Bossuet achevant l’oraison funèbre de Condé : « Après avoir rendu d’assez longs services aux beaux-arts, si’ celui-ci devait être le dernier, je n’aurais plus qu’un vœu à former, ce serait qu'ils pussent s’élever dans la France, ma chère patrie, à la hauteur sublime du siècle de Léon X... »
Il s’attendrit : «€ O divin Raphaël, rare et précieux assemblage de la bonté, de la beauté et des talents, peuton jamais assez vous aimer et vous admirer Î ? »
Ou il s’indigne : « Eh bien ! infâme Lanfranc ! toi et tes complices, êtes-vous satisfaits? Vos noms seront-ils assez en exécration chez les races futures ?... Tes lettres vont reparaître dans une langue répandue chez les nations. Elles y verront ta scélératesse ; et nous applaudirons, si l'horreur que mérite ton nom odieux passe jusqu’à tes ouvrages, tandis que celui du Dominiquin, toujours plus chéri, toujours plus révéré, brillera dans tous les temps d’une gloire immortelle ?. »
Nous ne savons comment Henri Beyle, à quinze ans, jugeait ce galimatias prétentieux. Toujours est-il qu’on retrouve, chez le maître, beaucoup des préférences et des jugements de l'élève %. Comme Stendhal, L. J. Jay est un passionné de l’art italien, et fait peu de cas, en comparaison, des maîtres de la Flandre et des Pays-Bas ; comme Stendhal, il aime moins encore Boucher et tous les peintres maniérés et mondains du xvine siècle À ; comme Stendhal, il admire Mengs, chérit le Dominiquin, met Raphaël au premier rang et le préfère hautement à Michel-Ange.
Mais, si l'élève a peut-être gardé quelqu’une des opinions du maître, rendons-lui cette justice, qu'il ne lui prend jamais son style.