‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 175 sur 369 · Cf. plus haut, p · texte numérisé non relu

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2. Colomb, Notice, XX ; H. Br., II, 123.

3. Je ne sais comment M. Chuquet peut affirmer que « Beyle apprit de Jay à chercher le nu sous le costume et à le figurer avec netteté » ; dessiner d’après la bosse, comme Beyle, n’est pas dessiner des « académies d’après nature ».

4. M. Chuquet cite la caricature du prince Massimo, qui appartenait à C. Stryienski. On peut voir encore, dans le manuscrit d'Henri Brulard, un portrait d’un Caetani, fait par la même main. Mais cette main est-elle celle de Beyle ? On n’en a pas la preuve.

Ces deux dessins, rehaussés d’aquarelle, sont postérieurs à 1830.

5. Ce dessin date de l’an VI, puisque le cahier contient des notes prises au cours de Dubois-Fontanelle.

6. Il ne peut s’agir que d’un prix obtenu par Beyle dans le courant de l’année scolaire, apparemment en 1798 ; mais nous n’en avons pas trouvé trace dans les archives de Grenoble. A la fin de l’année au contraire, et l’année suivante, Beyÿle n’obtint plus en dessin que des distinctions purement honorifiques. (CE. H. Br., I, 27-28, 85 ; et plus haut, p. 253-254.)

timents de mon cœur, sentiments inconnus à moi-même », a dit Stendhal. Ce n’est pas assez dire.

Il le lut «avec le plus vif plaisir ». En le lisant à notre tour, nous ne pouvons guère douter que Beyle n’ait tiré de ce livre, sans nous l’apprendre, quelques-unes des théories dont on lui fait généralement honneur. Essayons de réparer son oubli !.

Jamais Beyle n’avait rien lu sur les arts. L’abbé Dubos fut donc, — avec Jay, — son premier professeur d’esthétique, et en un temps où il se trouvait lui-même bien incapable de critiquer et de rejeter les principes qu’on lui offrait. Ces principes devinrent comme le moule où se coulèrent ensuite ses expériences. Mais une première lecture, une impression d’enfance finit par faire si bien partie de nous-même, que nous la croÿons naïvement notre fonds. Ainsi Beyle, quand, une vingtaine d’années plus tard, il écrira l'Histoire de la Peinture, retrouvera en lui, peut-être sans les bien reconnaître, quelques théories de l’abbé Dubos, qui lui sembleront excellentes.

Nous l’en excuserons d’autant mieux que, depuis cent ans, tous ses lecteurs ont fait comme lui-même : ils n’ont jamais reconnu l’abbé Dubos dans Stendhal.

Le titre déjà et l’épigraphe du livre sont tout stendhaliens : RÉFLEXIONS SUR LA POÉSIE ET LA PEINTURE. — Ut Pictura Poesis ?. Comparer sans cesse les poètes et les peintres, leur appliquer les mêmes lois, chercher dans un tableau à peu près ce qu’on cherche dans un roman, cette critique d’art trop littéraire # sera celle de Beyle.

4. Je ne trouve le nom de Dubos qu’une fois dans toute sa correspondance : « .… que deviennent les conjectures de l’abbé Dubos quand on a des lord Byron... » (30 sept. 1816, Corr., II, 10.) En revanche, dans la Vie de Rossini (188, note), il cite Dubos comme un livre qui doit être familier à tout homme instruit.

2. Réflexions critiques sur la poésie et la peinture: Paris, 1719, 2 vol. in-12. — L'ouvrage fut plusieurs fois réimprimé ; on cite les éditions de 1732 et 1740, 3 vol. in-12, 1755, 3 vol. pet. in-4°.

Je renvoie à la septième édition, Paris, Pissot, 1770, celle peut-être que lut Henri Beyle.

3. Courante d’ailleurs en la seconde moitié du xvin® siècle : cf. Mornet, Le sentiment de la nature en France de J.-J. Rousseau à Bernardin de Saint-Pierre,

327 et suiv.

N’écrit-il pas en 1803 dans son Journal, quand il doit être encore sous l'influence immédiate de l’abbé Dubos : « En général m'éclairer en comparant souvent la poésie à la peinture 1 »?

De ce principe va procéder tout le livre. Beyle y apprend que le peintre doit d’abord se soucier de l'expression, et « donner à chaque passion son caractère convenable ? ». Il faut donc que l'artiste soit un psychologue.

On sent combien pareille doctrine devait agréer plus tard à Beyle 5, spécialiste du cœur humain. Mais dès son adolescence elle était faite pour lui plaire : ne songeant qu’à l'amour, pouvait-il demander au peintre autre chose que la représentation de scènes dramatiques ou tendres ?

Quand on cherche dans un tableau des émotions #, les qualités de métier deviennent secondaires : « Je comparerois volontiers, écrit Dubos, le coloris avec cette partie de l’art poétique qui consiste à choisir et arranger les mots. Cette partie. peut s'appeler la mécanique de la poésie 5 ». Ainsi plus tard Stendhal : « L'expression est tout l’art... Les peintres doivent sans doute posséder le coloris, le dessin, la perspective... Mais s’arrêter dans une de ces perfections subalternes, c’est prendre misérablement le moyen pour le but 6...»

Par une conséquence de ceite théorie 7, l'abbé Dubos

1. Page 25. — Stendhal dira dans son Journal (43) : « Racine.., ce n'est pas le dessin de Michel-Ange, c’est la fraîcheur de Rubens. » Ce genre de rapprochements sera fréquent dans l'Histoire de la Peiniure.— Et de même Dubos avait écrit, parlant de Michel-Ange : «.. ce puissant génie, que nous pouvons appeler le Corneille de la Peinture... » (IT, 48).

2. I, 221-223. — L'abbé Dubos n’innovait pas : c'était la doctrine française, celle de Lebrun et de ses élèves.

3. Voir, dans l'Histoire de la Peinture, toute son étude sur Léonard de Vinci, — et ce qu’il demande à la peinture moderne.

4. « La copie de l’objet doit, pour ainsi dire, exciter en nous une copie de la passion que l’objet y aurait excitée... » écrit Dubos (1, 26-28). C’est tout à fait ainsi que Beyle avait compris la peinture devant le tableau de M. Le Roy.

HOUGINE

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