‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 176 sur 369 · Hist. de la Peint · texte numérisé non relu

Hist. de la Peint

7. L'abbé Dubos, comme Beyle , appliquait les mêmes idées à la musique : elle n'avait de valeur que par les sentiments qu’elle exprimait ou provoquait.

« Je placerois volontiers la Musique où le compositeur n’a point sçu faire

méprise, avant Stendhal, les peintres dont les sujets sont vulgaires ou insipides : « Comment serons-nous touchés par la copie d’un original incapable de nous affecter? Comment serons-nous attachés par un tableau qui représente un villageois passant son chemin en conduisant deux bêtes de somme 1... ? » Aussi les réalistes hollandais lui semblent-ils à peine dignes d’ « une attention très légère ». Henri Beyle, qui méprisera Rubens parce que ses femmes sont trop grasses, n’en jugera pas autrement.

Cet artiste, qui doit peindre les passions, devra donc aussi les sentir. L’abbé Dubos déplore cette triste nécessité, qui semblera tout au contraire fort séduisante à Beyle. Mais tous les deux sont d’accord pour constater que « … le génie de la Poésie et celui de la Peinture n’habitent point dans un homme d’un tempérament froid et d’une humeur indolente. La même constitution qui fait le Peintre ou le Poète le dispose aux passions les plus vives 2... »

Mais toutes ces théories sont trop banales en France pour que l’on ait jamais félicité Beyle d’avoir jugé la peinture en littérateur. On l’a loué au contraire pour d’autres doctrines qui sont couramment réputées sa plus originale invention. En les lui empruntant, Taine lui en laissait tout le mérite. Et M. Chuquet, qui lui est généralement plus sévère, ne lui a point marchandé son admiration pour avoir « trouvé » la « théorie du milieu 5 ». Stendhal l’a trouvée, en effet, mais dans le livre de l’abbé Dubos, qui n’en était pas davantage l’inventeur 4.

servir son art à nous émouvoir, au rang des tableaux qui ne sont que bien coloriés.… La richesse et la variété des accords, les agréments et la nouveauté des chants ne doivent servir en musique que pour faire et pour embellir limitation du langage de la nature et des passions. Ce qu’on appelle la science de la composition est une servante. que le génie du Musicien doit tenir à ses gages. » (485-486). Il dira des opéras de Lulli : « .. ne sentons-nous pas que ces symphonies nous agitent, nous calment, nous attendrissent.. à peu près comme les vers de Corneille et ceux de Racine y peuvent agir ? » (475).

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