‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 177 sur 369 · Stendhal-Beyle · texte numérisé non relu

Stendhal-Beyle

&. M. Marcel Braunschvig (L'Abbé Dubos Rénovateur de la Critique au

XVIIIe siècle, 49-54) énumère ceux qui, avañt Dubos, étudièrent l'influence

L'abbé Dubos se posait avant lui cette question : d’où vient que le génie artistique n’apparaît que dans certains pays, certains moments, et certains hommes ? Et il y faisait des réponses que Stendhal n’hésitera point à s’approprier.

La première semble proposée par un disciple de Cabanis : «… Lorsque la qualité du sang est jointe avec heureuse disposition des organes [du cerveau], ce concours favorable forme, à ce que je m’imagine, le génie poétique ou pittoresque 1... » Ces combinaisons réussies de la matière doivent être favorisées par les influences physiques ; c’est donc le climat qui déterminera l’éclosion des grands peintres : « Les Arts naissent d’eux-mêmes sous les climats qui leur sont propres 2... » «€ La Peinture et la Poésie ne sont point approchées du pôle plus près que la hauteur de la Hollande... » Pourtant (il semble que la Poésie ne craigne pas le froid autant que la Peinture... » Mais «les Italiens seront toujours plus propres à réussir en Peinture et en Poésie que les peuples des environs de la mer Baltique ÿ. »

Après l'abbé Dubos, Stendhal redira ces théories et conclura que « l’expression dans les arts devait... naître au midit, » Dira-t-on qu’une telle ressemblance est fortuite? Mais ce n’est pas moins de sept chapitres et 180 pages que Dubos consacre aux seules causes physiques du

du climat, depuis Hippocrate jusqu’à Fénelon et Fontenelle ; il cite après lui Montesquieu et Taine, mais il oublie Stendhal.

D'ailleurs Dubos lui-même ne donne aucunement comme nouvelles ces

théories dont notre seule ignorance fait honneur au x1x° siècle et à Stendhal.Il prétend simplement perfectionner des idées courantes déjà en 1719, et que tout le xvure siècle continuera de discuter anrès lui.

1. IT, 14-17. — On trouverait, dans le livre XIV de l'Esprit des Loir, bien

des théories aussi matérialistes. Mais Montesquieu, qui avait lu Dubos, peut passer ici pour un imitateur.

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