‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 178 sur 369 · II · texte numérisé non relu

II

3. 11, 155, 321. C£. 302 : «.… il est plus que vraisemblable que le génie particulier à chaque peuple dépend des qualités de l'air qu’il respire. » Voir encore 249-263.

4. Iist. de la Peint., 238. 1 serait facile de multiplier à l'infini citations analogues.

Sur ce point encore, Stendhal trouvera dans | Esprit des loix la confirmation des idées de Dubos. « L'Empire du climat est le premier de tous les empires. » (Liv XIX, ch. xrv ; cf. livres XIV à XVIII.)

génie !, Si Beyle a lu l’ouvrage, il n’a pu oublier d’aussi copieuses dissertations.

La théorie des climats et celle des tempéraments sont intimement liées. Stendhal écrira : « Les climats, à la longue, font naître les tempéraments 2. » L'abbé Dubos, avant lui, avait énoncé cette même idée. IL avait fait plus.

M. Chuquet admire Stendhal pour avoir eu l’ingénieuse pensée d’appliquer à la peinture la théorie des tempéraments : (€... certaines de ses réflexions sont originales : par exemple qu’un bon peintre donne aux fils de Brutus un tempérament sanguin qui les excuse 8 ».

Ces idées étaient moins nouvelles à l’esprit de Beyle que ne le suppose M. Chuquet ; il avait lu Dubos. Et Dubos croyait déjà reconnaître ches les vieux peintres de France ou d'Italie cette ingénieuse distinction des tempéraments dont on attribue à Stendhal la première découverte.

Il décrit ainsi l’une des tapisseries de Raphaël : « On distingue à l’extrémité du groupe [des apôtres] un homme bilieux et sanguin... Les hommes de ce tempérament croyent volontiers ne pas valoir moins que les autres. Près de lui est placé un autre Apôtre embarrassé de sa contenance : on le discerne pour être d’un tempérament mélancolique à la maigreur de son visage livide, à sa barbe noire et plate, à l'habitude de son corps, enfin à tous les traits que les Naturalistes ont assignés à ce tempérament... etc.4 » Dubos prétend constater la même distinction judicieuse des tempéraments dans un tableau de Jules Romain 5. On y voit, nous assure-t-il, un homme bilieux et sanguin lancer sa pierre avec une furieuse impétuosité, tandis que le mélancolique, plus réfléchi et plus haineux, vise lentement pour bien frapper. Enfin ne suppose-t-il

1. Je n'ai pas à montrer ici combien le détail est souvent puéril. Quant à la lourdeur de ces dissertations sans fin, elle est incomparable.

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