Stendhal-Beyle
5. À San Stefano de Gênes. — « Le peintre y exprime parfaitement bien la
différence qui est entre l’action naturelle des personnes de chaque tempérament, quoiqu'elles agissent par la même passion. » (I, 271.)
pas que Coypel, en peignant un Jugement de Suzanne, a pris soin de donner aux deux vieillards qni l’accusent un tempérament différent ? L'un, « bilieux et mélancolique... commet le crime avec constance ». L'autre, un sanguin, paraît attendri, car les hommes de ce tempérament sont prompts à se venger, mais incapables de persévérer dans leur vengeance *. |
Après de tels exemples, il devient malaisé de reconnaître à Stendhal, sur ce point, d’autre mérite que la docilité.
Enfin l'abbé Dubos ne se contente pas de rechercher les causes physiques, — climat et tempérament, — qui expliquent la naissance des arts ; il étudie encore les causes morales, l’état social, le caractère des gouvernements et des peuples 2. Et il semble que Stendhal, quand il écrit sa fameuse Introduction à l'Histoire de la Peinture, ne fasse en quelque manière que développer le programme donné par l’abbé Dubos.
Mais ce n’est point seulement la méthode, c’est le but même de la critique d’art que celui-ci paraît avoir d’avance enseigné à Stendhal. « J’ose entreprendre, écrit Dubos,.… d'expliquer l’origine du plaisir que nous font les vers et les tableaux... C’est vouloir rendre compte à chacun de son approbation et de ses dégoûts... Aussi je ne sçaurois espérer d’être approuvé, si je ne parviens point à faire reconnaître au lecteur dans mon livre ce qui se passe en lui-même, en un mot les mouvements les plus intimes de son cœur ÿ... »
Stendhal, lui aussi, voudra-t-il jamais faire autre chose que d’étudier, en psychologue, la nature du plaisir que nous donnent les arts ? « Les liaisons d’idées qui font les trois quarts du charme des beaux-arts ont besoin d’être nommées une fois aux âmes tendres », écrira-t-il dans l'Histoire de la Peinture 4.
Il serait facile de noter, dans l’ouvrage de l’abbé Dubos, d’autres pensées qui ont pu avoir leur influence sur