‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 206 sur 369 · Sous. d’'Egot · texte numérisé non relu

Sous. d’'Egot

4. On nous permettra de donner ce passage, d’une exactitude scientifique : « Je suis fort à vingt ans et je me crois très bien constitué pour les plaisirs qu’on appelle de l’amour ; cependant je puis me réduire au point de ne pas désirer les femmes du tout, et de... sans plaisir, seulement tous les quinze jours. Alors c’est un besoin comme celui d’....… Je sens mes pensées embarrassées : je vois une femme, et je sens tout de suite que mes idées sont éclaircies. » Daté de pluviôse an XI. (Bibl. de Gren., K 5896, t. XXVII.)

aucune mention particulièrement flatteuse, mais non plus aucune critique 1,

Amant subtil et raffiné, il était de ceux qui préfèrent les fioritures au principal. Plus sensuel qu'avide, et plus sentimental que sensuel, la seule qualité vraiment supérieure en ce tempérament d’amoureux semble avoir été la finesse et l'intensité de ses émotions. Bien qu’on ait souvent prétendu le contraire, Beyle était en amour un délicat, et les plaisirs physiques ne formaient Jamais pour lui que l’accompagnement d’autres plaisirs et d’autres tendresses ?,

« J'avais un tempérament de feu et la timidité

décrite par Cabanis. »

(H. Br., I, 28.)

Beyle nous aflirme donc qu’il commença dès l’âge le plus tendre son apprentissage d’homme à bonnes fortunes. À l’en croire, ses curiosités sensuelles ne respectaient rien. Sans parler ici d’Henriette Gagnon, ne mangeait-il pas des yeux sa tante Romain, parce qu’il avait un jour « entrevu.. sa peau blanche à deux doigts au-dessus des genoux ? » ( Elle était pour moi, quand je pensais à elle, un objet du plus ardent désir ». Mais la vision de cette jambe nue ne trouble-t-elle pas rétrospectivement son

1. « Non qu’il me soit révélé que tu sois possesseur de ces gros mérites qui accompagnent généralement les larges épaules ; mais tu as dans certains moments une grâce, une tendresse... »

« Quant aux tours de force d’un certain genre, j'en profite, mais ne les estime point, et je te jure qu’il me semble que c’est parce que tu as été trop sublime sous ce rapport que je me suis senti du refroidissement...» (Com. a vécu Stendhal, 144, 155.). Il ÿ avait, comme on voit, du pour et du contre. — Quant à eeux qui désireraient des précisions plus numériques, ils pourront consulter le Journal d'Italie (par exemple p. 294).

2. Il pense sans doute aux uns comme aux autres, quand il leur prête, non sans raison, une influence moralisatrice : « Sans mon goût pour la volupté, je serais peut-être devenu... un scélérat noir ou un coquin gracieux et insinuant, un vrai jésuite, et je serais sans doute fort riche. » (1. Br., I, 211.)

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