‹ La jeunesse de StendhalChapitre 118 sur 288 · H. Br., I · texte numérisé non relu

H. Br., I

De cette influence exclusive des livres sur Stendhal, plusieurs sont responsables ; et tout d'abord Chérubin et Séraphie, dont l'action nous apparaît en vérité de plus en plus féconde. En condamnant Beyle à la solitude, en lui faisant une existence de vieillard méditatif, ils l'ont tous deux obligé à se réfugier dans les livres. Ainsi l'ontils indirectement préparé à devenir un écrivain. Mais c'était bien sans le vouloir.

Henri Gagnon le voulait. Nous le connaissons déjà pour le plus lettré des hommes ^. S'il communiqua à son petit-fils « presque tous ses goûts », il lui donna avant tout autre le goût de la lecture ^.

Mais ici encore Beyle se distingue des enfants qui paraissent lui ressembler. Il n'a pas seulement du goût pour la lecture, il respecte les livres, et en vénère les auteurs. En ce temps de combats, de gloire et de panache, ce n'est pas un général vainqueur que l'enfant rêve de devenir, c'est un grand poète. L'homme idéal, le héros, n'est point à ses yeux César, ou Bonaparte, c'est l'Arioste, Molière ou Shakespeare. Préférence extraordinaire à un pareil âge, et à une pareille époque ^.

« Horace et Hippocrate étaient bien d'autres hommes, à mes yeux, que Romulus, Alexandre et Numa. M. de Voltaire était bien un autre homme que cet imbécile de Louis XVI,... ou ce roué de Louis XV *... »

(( Je trouve comme fait établi dans ma tête que, dès l'âge de sept ans, j'avais résolu de faire des comédies, comme Molière ^. » Et il répète ailleurs cette affirmation surprenante, mais véridique ^.

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