‹ La jeunesse de StendhalChapitre 147 sur 288 · CI. p · texte numérisé non relu

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ferme alliée était la religion ^ ». Cette nouv^elle alliance du trône et de l'autel eut son habituel effet : Beyle confondit dans sa haine de révolté ses maîtres et leur croyance ^.

Enfin l'abbé Raillanne vint mettre le comble à ses dégoûts. Lui aussi, comme c'était son rôle, prêchait la piété à son élève, et le gourmandait durement au nom de Dieu. L'enfant dut prendre insensiblement l'habitude de concevoir Dieu à l'image de l'abbé Raillanne. Il jugea la religion par ses prêtres, et tous les prêtres d'après celui qu'il connaissait le mieux, et dont il devait garder toute sa vie le plus profond et le plus atroce des souvenirs. Généralisation abusive, sans doute, mais qui explique bien des incrédulités vulgaires, et l'incrédulité de Beyle était de celles-là ; généralisation bien naturelle du moins, quand Beyle avait dix ans, et qu'il faut s'étonner seulement de lui voir recommencer toute sa vie, avec le même sérieux. Voit-il un prêtre, c'est aussitôt la figure odieuse de l'abbé Raillanne qui s'évoque à son souvenir, de ce « noir coquin », de ce « jésuite », capable de tous les crimes. Et chaque prêtre lui devient une nouvelle incarnation de ce précepteur détesté ^.

1. H Br., I, 115. — C'est ainsi que son père, indigné par quelques paroles trop indépendantes d'Henri Beyle, s'écria hors de lui: « Tu n'es qu'un vilain impie » ; excellent moyen de lui rendre l'impiété sympathique.

Pourquoi M. Chuquet déclare-t-il fausse cette anecdote [ou^>. cit., 6 et 7) ?

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