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3. On peut croire que celle de Rousseau, et du vicaire savoyard, fut pro» fonde, sinon durable. En 1801, Beyle, comme Jean-Jaoques, mêle encore à l'admiration de la nature l'enthousiasme pour son créateur (voir Corr., 1, 16).
et Bufîon intervinrent dans le travail de sa pensée. 11 accable de son mépris « ce jésuite de Marmontel », « ce plat Marmontel ^ ». N'empêche que son grand-père l'entretenait volontiers du chapitre x- de Bélisaire ^, alors célèbre pour avoir scandalisé les dévots et encouru la censure de la Sorbonne ^. Sous une forme éloquente et facile, bien à l'usage de sa jeune intelligence, Beyle y trouvait les leçons d'une libre philosophie. Point d'athéisme sans doute ; mais ce déisme édulcoré n'était pas plus orthodoxe. L'auteur y célébrait un Dieu bon, disons mieux, un Dieu sensible, à l'image des âmes tendres qui peuplaient les salons des 'philosophes. Ce Dieu amolli et souriant pouvait plaire à l'optimisme d'Henri Gagnon ; son petit-fils dut voir en lui surtout l'opposé du Dieu des chrétiens, du Dieu de l'abbé Raillanne et de Chérubin Beyle ^. Je crains qu'il n'en soit pas devenu plus déiste. Mais, en confrontant cette image idéale d'un Dieu plein de pitié et incapable de punir avec ce Dieu sans indulgence que lui avaient montré ses confesseurs et ses maîtres, il en conclut plutôt que les dogmes sévères du christianisme ne méritaient ni son respect ni sa croyance.
« S'il fallait », lui disait Bélisaire, qu'une religion « me rendît farouche, dur, impitoyable, je l'abandonnerais, et je dirais à Dieu : dans l'alternative fatale d'être incrédule ou méchant, je fais le choix qui t'offense le moins ^. » Beyle avait plus de courage que Marmontel ; il ne se contenta point sans doute de cette hypothèse prudente ; il choisit sans délai l'incrédulité.