‹ La jeunesse de StendhalChapitre 162 sur 288 · II. Br., I · texte numérisé non relu

II. Br., I

2. Sur CCS journaux, voir Hatin, BihUogiapItie de la Presse périodique franjçaise ; Henri Avenel, Histoire de la Presse française.

Le Journal des liommes libres de tous les pays, ou le Bépublicain, parut du 2 novembre 1792 au 27 fructidor an VIII ; il changea souvent de titre. Le Comité de Salut Public le subventionnait.

Le Journal de Perlet, qui s'était d'abord appelé Versailles et Paris, commence !e 1<^' août 1789, et dure jusqu'en 1797 ; Perlet fut proscrit au 18 fructidor.

Le Journal des Débals et Décrets parut à partir du 29 août 1789.

Enfin le Journal des défenseurs de la patrie ne fut publié que du 28 germinal an IV au 30 ventôse an X ; il était à la solde du Directoire.

3. « Par prudence, je me gardais bien de parler, et si quelquefois je voulais parler, au lieu de me réfuter on m'imposait silence. » (//. Br., I, 152.)

IIENUI BEVLE A QUINZE ANS 221

« J'aimai la liberle avec fureur. J'appelais ainsi, ce me semble, l'ensemble des cérémonies que je voyais souvent exécuter dans les rues, elles étaient touchantes et imposantes, il faut l'avouer. »

(Henri Brulard, 11,310 1.)

Mais la Révolution pénétrait jusqu'à Beyle autrement que par les conversations de ses parents ^, ou la lecture des journaux. Elle entrait aussi par la fenêtre.

La maison du docteur Gagnon donnait, on se le rappelle, sur la place Grenette, centre et cœur du vieux Grenoble^ Sa position en faisait la meilleure loge de ce petit théâtre ^.

Théâtre jadis un peu monotone. La place d'une ville deprovince est d'habitude le rendez-vous des oisifs qui y promènent leur ennui d'un pas nonchalant*. Mais, pendant la jeunesse de Beyle, des tragédies, des comédies, des pièces à grand spectacle s'y donnèrent presque chaque jour. Il vit passer devant son balcon toute la Révolution dauphinoise avec ses fêtes, ses ivresses et ses morts. Ainsi la place Grenette prit une part essentielle dans la vie morale d'Henri Beyle. Imaginons-le dans quelque ru& écartée de Grenoble : il aurait connu des événements le peu que ses parents auraient bien voulu lui en dire. Là, bon gré mal gré, il vit et il entendit. On ne put lui rien cacher. Il reçut l'enseignement incomparable du réel.

Tout petit, Henri Beyle avait vu couler sur la placfr Grenette les premières gouttes de sang versées pour la

Page 1