Cf. Vie de Nap
2. Et sans doute des domestiques, dont il ne faut pas oublier le grand rôlecaché, dans l'éducation d'un enfant. On sait que Beyle les fréquentait. Peutêtre eurent-ils aussi leur influence sur ses idées politiques.
3. Elle était placée à l'extrémité de cette place allongée, qu'elle prenait en enfilade.
4. Au xv!!!!^ siècle, il y avait sur la place Grenette tous les cafés de la ville ; on y lisait et commentait les gazettes ; des académies clandestines de jeux dehasard s'y cachaient. Enfin, certains jours, la foule s'y pressait pour assister à une exécution. (Voir Berriat Saint-Prix, oiw. cit., III.)
liberté. A la journée des Tuiles, un adjudant et quatre hommes, assaillis par la foule sous les fenêtres de la maison Gagnon, avaient tiré et tué trois personnes, dont un enfant. Beyle aperçut une des victimes que l'on emportait mourante ^. Cela se passait le 7 juin 1788 ^.
En septembre, c'était un spectacle burlesque et tragique ; on brûlait sur la place Grenette l'efFigie du garde des sceaux Lamoignon, après l'avoir exposée au carcan ^.
Voici 1789. Au mois d'août, la Grenette prend un aspect belliqueux : nuit et jour y montent la garde les miliciens qu'on vient de créer. Et la famille Gagnon, après avoir craint émeutes et incendies, peut se rassurer *.
Le 8 septembre, le régiment suisse de Steiner, massé sur la place, prête devant les consuls un serment fort civique. Le spectacle est plein d'une emphase romaine. « Après la lecture [de la formule], tous les ofliciers répondirent, en portant la main à leur épée : « Nous le jurons. » Elle fut ensuite répétée en allemand par les soldats, qui l'acclamèrent en mettant leurs chapeaux au bout de leurs bayonnettes ^... »
Puis ce sont banquets en plein air, lampions et girandoles, qui fêtent tous les actes de la Révolution. Une fièvre joyeuse répand par les rues et par les places ce peuple d'habitude morose, et qu'a gagné lui aussi, au fond de sa province et de ses montagnes, le goût naïf et pédantesque des cérémonies en plein air, à l'antique. C'était tout au moins une distraction pour les enfants, et Henri Beyle y prenait un vif plaisir, semble-t-il, un plaisir grave et ému. - — Quand la place Grenette était vide, c'est que l'on banquetait, chantait, illuminait au Jardin de Ville. Musique et lumière montaient jusqu'à la terrasse des Gagnon, et ce jour-là l'enfant ne songeait plus à entretenir son grand-père des étoiles, ou des bergers de la Chaldée.