Journal de politique et Je littérature
3. Sa traduction des métamorphoses eut beaucoup d'éditions (on cite celles de 1766, 1778, 1780, 1802, 1806). Le docteur Gagnon la prêtait à son pctil-fil». (//.Br., 1,125.)
avait eu la chance, trente ans plus tôt, de provoquer un scandale. En 1767 il composait un drame, Ericie ou la Vestale, contre le fanatisme religieux et les vœux monastiques : on en interdit l'impression, on condamna aux galères et à la marque les misérables colpoi^teurs qui en vendaient l'édition clandestine ^. Quant à l'auteur, il y trouva profit et gloire ; en 1789, on se hâta de jouer au Théâtre Français une pièce aussi subversive ; et il est permis de croire que la réputation de pureté révolutionnaire ainsi gagnée par l'auteur contribua à le désigner, en 1796, au choix des membres du jury. Cet écrivain, fatigué par trente ans de fécondité ^, eut donc la charge d'enseigner les belles-lettres aux jeunes Dauphinois.
Son cours s'ouvrit le 21 novembre 1796. Sa réputation de lettré que Paris avait consacré, sa position éminente parmi les professeurs de l'Ecole centrale ", avaient attiré de nombreux auditeurs. Beaucoup de femmes étaient venues entendre ce bel esprit que la Flore littéraire du Dauphiné a rangé parmi les « poètes de l'amour * ». Et il leur en marquera plus tard sa reconnaissance par de petits vers très galants ^. Au milieu de ce public mondain ^, les élèves de l'Ecole centrale devaient être noyés, et distraits.