Et vous aussi, sexe charmant
Que j'ai vu si longtemps venir avec constance Joindre votre art de plaire à mon enseignement
Qu'embellissait votre présence ;
J'emporte de vous dans les champs
Des souvenirs bien doux et bien intéressants. Ma verve auprès de vous, oubliant quelquefois Et du temps et des ans l'outrage irréparable,
Se réveillait à votre voix, Et vous l'encouragiez d'un regard favorable. G En l'an VI, 80 amateurs suivaient les cours de l'Ecole centrale, et 140 en l'an VII.
BEYLE A L ECOLE CENTRALE
On vit entrer un petit vieillard, qui ressemblait à une vieille femme malicieuse et naïve ^. Sa perruque se relevait bizarrement en une sorte de chignon ; et deux boucles de cheveux encadraient de chaque côté son visage imberbe. De grands yeux candides s'ouvraient à fleur de tête ; mais le nez se recourbait sur une bouche pincée et qui pouvait être spirituelle.
M. Dubois-Fontanelle lut son cours, soigneusement écrit avec éloquence. Et il eut un vif succès. Nul professeur ne sera plus que lui populaire. La presse le célébrera avec attendrissement : « Heureux professeur et digne de l'être, qui te fais un devoir et un plaisir de consacrer tes moments à l'instruction de tes jeunes compatriotes, reçois l'hommage que je t'offre en leur nom ; sois longtemps leur guide et leur modèle : ils te portent dans leur cœur, et leurs vœux ardents sont pour ta félicité ^. » Et, quand on joua la Vestale à Grenoble, le 14 germinal an VII, une pièce de vers fut jetée sur la scène, et lue aux applaudissements du public :
« Tendre et sublime auteur, dont le briliant génie
Honore les beaux-aris et la philosophie;...
Daigne accepter ici le suffrage unanime
D'un peuple qui t'admire et te doit son estime.
Puisse un heureux destin...
Accomplir tous nos vœux en prolongeant ta vie :
Mais tu vivras toujours dans le sfin d'Ericie. »
C'étaient les élèves de l'Ecole centrale qui avaient tenu à célébrer leur maître en des vers qui n'étaient guère plus mauvais que les siens ^.
En vérité ce poète pitoyable fut un fort bon professeur de littérature. C'est le premier et le seul qu'ait jamais eu Henri Beyle. Il est donc intéressant de connaître son enseignement. Nous le pouvons d'autant mieux que nous avons les notes écrites par Beyle sous