‹ La jeunesse de StendhalChapitre 192 sur 288 · Id · texte numérisé non relu

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nous avons vu le passionner jusqu'ici : Rousseau, l'Arioste, Cervantes ^. Mais un goût de plus en plus exclusif l'entraînait vers le théâtre. C'est qu'il croyait sentir en lui, chaque jour davantage, le génie dramatique. Il écrivait alors c( un drame », dont il a oublié le nom, mais que nous croyons connaître. Ne serait-ce point ce Selmours, qu'il recommande à Pauline, à peine est-il arrivé à Paris ^ ? Il prie sa sœur de « renfermer » ce manuscrit « dans cjuelque coin où personne n'aille le déterrer », et de garder là-dessus le silence le plus discret. « Mes compositions, a-t-il écrit ^, m'ont toujours inspiré la même pudeur que mes amours. »

Pauline s'acquitta tellement bien de sa mission, que nous avons encore aujourd'hui le cahier de Selmours. C'est là sans doute la plus ancienne œuvre de Stendhal que nous possédions *.

En lisant les Nouvelles de AI. de Florian ^, Beyle avait remarqué, je ne sais pourquoi, « Selmours, nouvelle angloise ^ ». C'était Tassez plate aventure d'un jeune homme vertueux et sensible, préoccupé à l'extrême de l'estime universelle. Un bienfaiteur lui lègue sa fortune, sans lui imposer de condition, mais en lui révélant que son plus cher désir serait qu'il épousât sa fdle naturelle. Or Selmours est fiancé à une jeune veuve. Acceptera-t-il la fortune, sans accomplir le vœu du défunt ? ou bien, par reconnaissance pour le testateur, trahira-t-il celle qu'il aime ? Après quelques péripéties sans intérêt, et un duel invraisemblable, Selmours finit comme il avirait dû

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