Journal d'Italie
2. Qui précisément, dans ces scènes, faisait dialoguer les personnages.
BEYLE A l'école CENTRALE 271
cette pâle adaptation. On y sent du moins une manière sobre et déjà ferme, un dessin précis, quelque sentiment de la vie, qualités qui pouvaient bien promettre à Beyle, vu son âge, le succès théâtral qu'il a toujours ambitionné vainement, et pour lequel, ses romans eux-mêmes ne le prouvent-ils pas, il était aussi bien fait qu'un autre.
Mais cette comédie ne fut point achevée. Tel sera le destin de toutes les pièces d'Henri Beyle. Est-ce parce que, comme il le dit, il attendait u niaisement le moment du génie, à peu près comme la voix de Dieu parlant du buisson ardent à Moïse ^ » ? « Cette nigauderie, ajoute-t-il, in'a fait perdre bien du temps, mais peut-être m'a empêché de me contenter du demi-plat, comme font tant d'écrivains de mérite ^. ))
Mal satisfait de ses œuvres, il ne doutait point cependant de pouvoir égaler un jour les grands génies de l'art dramatique. Aussi les étudiait-il avec une émulation passionnée. Son opinion sur les pièces des autres valait déjà mieux que ses propres pièces ^.
Il ne semble point que son impression sur Molière ait changé. Quant à la tragédie, elle le « sciait » toujours. Seule la grandeur d'âme de Corneille plaisait à ce jeune homme héroïque, pour des raisons qui n'étaient point littéraires *. Mais il détestait Voltaire et Racine.
Il a toujours manifesté beaucoup de mépris pour le théâtre de Voltaire, et c'est une grande preuve de goût.
1. Beyle en donne une autre raison : « Abandonné parce que Sel inours ne peut être qu'un drame. »