‹ La jeunesse de StendhalChapitre 37 sur 288 · Grenoble était sur la route du Pas de Susc · texte numérisé non relu

Grenoble était sur la route du Pas de Susc

2. Il se nommait Vincenzo Lancetti. (Voir Manacorda, I rifugiati italiani in Francia..., 146.)

3. Une obligeante indication de M. Prudliommc (voir p. 603) m'avait mené à Bédarrides ; mais c'est à M. Paul Hazard que revient le mérite d'avoir poussé jusqu'en Italie. 11 a bien voulu me permettre d'user ici de sa découverte, qui réjouira tous les cœurs stendlialicns.

4. Bédarrides est situé à 14 kilomètres d'Avignon, sur la ligne de Marseille à Lyon. Il compte aujourd'hui 2. 182 habitants.

LES ORIGINES D HENRI BEYLE

Il s'étale sur les bords de l'Ouvèze, dans une campagne grasse, fraîche et plate. Le bourg lui-même est sans intérêt, i comme il fut jusqu'ici sans gloire. Et Beyle ne s'est pas soucié, semble-t-il, de rendre Bédarrides célèbre en nous disant que ses ancêtres y étaient nés.

Car c'est en ce village au nom sonore que nous trouvons déjà implantés les Gagnon, dès le début du xvii^ siècle. Mais sans doute y étaient-ils venus deux ou trois cents ans plus tôt. Toujours est-il qu'au xv^ siècle nous voyons établie à Bédarrides une nombreuse colonie d'Italiens, et parmi eux un « Johannes Gaignoni », qui vivait en 1477 2. Gaignoni devient Gaignon, cent ans plus tard, puis Gagnon, au début du xvii^ siècle ^.

Depuis le « sire Hourrias Gagnon », qui apparaît dans les archives de Bédarrides dès 1639, en compagnie de son épouse Madeleine de Lartifond et de ses enfants, je n'ai pas compté moins de vingt-quatre Gagnon, mâles et femelles, jusqu'au miUeu du xviiie siècle *. Sans doute en retrouverait-on d'autres dans les anciens actes des communes voisines. Encore aujourd'hui, deux ou trois Ga-

1 Sa grande é<r'ise, de 1684, que l'on ne s'étonnerait pas de rencontrer en quelque ville romaine, a l'allure et le style des églises italiennes, filles de Vienole. Elle mérite un regard.

2 D'où venait ce Gaignoni, ou ses ascendants ? Grâce aux renseignenients fournis à M. Hazard par M. Auguste Gagnoni-Schippisi, qui habite aujourd hui Florence, nous savons seulement qu'une famille Gagnoni vivait au x.ye siècle à Montepulciano, petite cité Gère et ardue, célèbre par sa noble architecture et par son excellent vin. . j ++„

On peut surposer, - mais il faudrait prouver, - qu une branche de cette antique famille émigra dans le Comtat Venaissin au temps de Pétrarque, ou au

siècle suivant. . j j ■ «

Elle aurait passé par Florence, s'il fallait en croire le témoignage du dernier des Gac^non. Le général Oronce Gagnon, en effet, disait volontiers que sa famUle était noble, et venait de Florence. Il montrait un cachet armorie, ou se dessinait un sanglier. -C'est ce qu'a bien voulu m' apprendre, au village des Echelles, M. Bonne de Savardin, descendant d'un Savardm que Beyle avait connu, et ami lui-même d' Oronce Gagnon. ,r u a

3. Ces derniers renseignements ont été commumqués a M. Hazard par M. l'Archiviste de Vaucluse.

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