‹ La jeunesse de StendhalChapitre 55 sur 288 · H.Br., I · texte numérisé non relu

H.Br., I

2. l£t sa Correspondance le prouve : « La bonne Tatan Gagnon que j'aime toujours plus », écrit-il en 1806 (I, 2GG).

LES ORIGINES d'hENRI BEYLE 63

tombé pendant les premiers trente ans de ma vie. » « Son caractère était la quintessence de l'honneur. Elle me communiqua pleinement cette façon de sentir et de là ma suite ridicule de sottises par délicatesse et grandeur d'âme... ^ «

Elle lui apprendra donc qu'il existe un autre genre de vertu que celle de Chérubin Beyle ou de l'abbé Raillanne, « parfait jésuite », une vertu plus humaine et plus libre, dont la seule récompense est l'enthousiasme intime qu'elle nous donne. Faute d'autre morale, Beyle pratiquera ce culte raffiné de l'honneur ^ ; il le complétera par son adoration exaltée de l'héroïsme : adoration platonique sans doute, mais n'est-ce point déjà beaucoup que le désir ardent de la vertu? Cette vertu et cette morale de Beyle, c'est à sa vieille tante qu'il les doit.

Elisabeth Gagnon achève ainsi de nous expliquer ses antécédents moraux. Dans cette galerie des portraits de sa famille, où nous avons cherché la ressemblance de Beyle, sa tante seule fait figure d'héroïne, une héroïne un peu désuète. Mademoiselle Gagnon était une âme cornélienne ; elle disait communément : « Cela est beau comme le Cid ^. »

Nous tenons maintenant, autant qu'on les peut atteindre, les origines de Stendhal ; son père et sa mère, son grand-père et sa grand'tante semblent nous révéler tous les aspects essentiels de l'âme des Gagnon et de l'âme des Beyle, qui vont se mêler en cet enfant *.

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