‹ La jeunesse de StendhalChapitre 82 sur 288 · H. Br., I · texte numérisé non relu

H. Br., I

:j. //. Br., I, 105-106 ; cf. 33-34, 149.

4. «... 11 pleurait * un peu. La seule impression que me firent ses larmes fut de le trouver bien laid. Si le lecteur me prend en horreur, qu'il daigne se souvenir des centaines de promenades forcées aux Granges avec ma tante Séraphie, des promenades où l'on me forçait, pour me faire plaisir. C'est cette hypocrisie qui m irritait le plus... » {Id., II, 73-74.)

* Et non pleuvait, comme il est imprimé.

fureur puérile, si Chérubin n'avait pas si mal choisi les auxiliaires de son autorité. Beyle avait détesté en lui « l'allié de Séraphie », « l'ami intime » de son « ennemie » ^, Mais, quand son père devint le complice de l'odieux abbé Raillanne, il fut pour le couj) à jamais perdu dans son esprit.

1. Cette alliance nuisit beaucoup à Chérubin dans l'esprit de son fils. Rappelant la mort de sa tante, Beyle écrit : «... Il était trop tard, tout lien d'amitié était à jamais rompu entre mon père et moi. » (//. Br., I, 233.)

L ABBE RAILLANNE

« Pendant l'affreuse tyrannie Raillanne,... je devins sombre et haïssant tout le monde. »

(H. Br., I, 96.

« J'étais..., je pense, fort méchant et fort injuste envers mon père et l'abbé Raillanne, écrit Beyle dans un moment de lucidité ^. J'avoue, mais c'est avec un grand effort de raison, même en 1835, que je ne puis juger ces deux hommes. Ils ont empoisonné mon enfance... Ils avaient des visages sévères et m'ont constamment empêché d'échanger un mot avec un enfant de mon âge. »

Si Beyle a jamais été sincère, c'est en nous parlant de l'abbé Raillanne. Les quelques pages bilieuses qu'il consacre à la mémoire de cet honnête homme auraient pu, sauf le style, être écrites par l'enfant qu'il était alors. Ses colères d'écolier s'y expriment encore, puériles et fortes. Le diplomate vieilli de 1835 parle et pense comme le petit Henri Beyle de 1792.

Grâce à cette haine enfantine, l'abbé Raillanne passera à la postérité.

II venait du pays des Gagnon, étant né à Avignon il y avait quelque trente-cinq ans ^. Mais il n'avait gardé de

1. Non pas Raillane, mais Raillanne. C'est ainsi que je trouve écrit son nom, par lui-rnême, sur un certificat de résidence conservé aux Archives de Grenoble (LL. 52).

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