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3. Tout plein de ces tendres souvenirs, Stendhal a fait le plan de la cour oti Lambert sciait du bois, il a dessiné la cloison à jour du bûcher, « formée de montants de noyer façonnés au tour, comme une balustrade de jardin. » (Id., 172.)
1. M. Ernest Seillière croit ici reconnaître dans le petit lîeyle un « disciple précoce de Jean-Jacques. » (Liv. cil., 255.) C'est une étrange explication.
d'une libre camaraderie, un peu de l'admiration tendre qu'éprouvent les petits garçons pour les jeunes hommes adroits et forts, tels qu'ils voudraient être. Mais ce sentiment banal devenait ici ardent et profond.
L'ambition de Lambert le perdit. Il avait acheté un mûrier pour élever des vers à soie. En cueillant les feuilles, il tomba.
« On nous le rapporta sur une échelle. Mon grand-père le soigna comme un fils. ]\Iais il y avait commotion au cerveau, la lumière ne faisait plus d'impression sur ses pupilles, il mourut au bout de trois jours. Il poussait dans le délire, qui ne le quitta jamais, des cris lamentables qui me perçaient le cœur.
Je connus la douleur pour la première fois de ma vie. Je pensai à la mort ^. »
L'angoisse et la tendresse, l'amour qui se fond en une immense pitié, à quel âge Beyle a-t-il fait cette découverte redoutable? On ne sait ^. Mais des années semblent avoir passé depuis la mort de sa mère. Alors c'avait été seulement l'obscur désespoir d'un petit enfant qui ne comprend pas, de « la folie » toute mêlée encore d'instinct. Mais, quand mourut Lambert, il savait déjà, il comprit. « La douleur de la mort de Lambert fut de la douleur comme je l'ai éprouvée tout le reste de ma vie, une douleur réfléchie, sèche, sans larmes, sans consolation. »
Il est rare qu'un enfant si jeune ait déjà fait deux fois