TER PRE ORNE NE SN
mais dans Wordsworth il n’y a pas d'inégalités (1).» Aujourd'hui les critiques n’en parlent plus que comme d’un péché de Jeunesse de Wordsworth, et la plupart ne semblent même pas croire qu'elle vaille d’être lue. M. Swinburne, qui du moins en reconnait le mérite littéraire, déclare qu’elle dépasse «n’importe quelle production de l'intelligence humaine pour l’extravagance morbide et monstrueuse d’une horrible impossibilité (2). » Ilen conclut, non sans mépris, « qu’il n’y a que les poètes vertueux pour avoir de ces idées-là ». M. Swinburne ne réfléchit pas que ce qu’il dit des Borderers, il pourrait aussi bien le dire de la Terreur, et que justement la tragédie de Wordsworth est née de la Terreur. C’est l’œuvre d’un Godwinien qui n’ayant d’abord vu que la noblesse du système du maitre s’apercoit soudain, épouvanté, de ses conséquences (3). Si Coleridge l’admire jusqu’à la démence, c’est que Wordsworth a su mettre le doigt juste sur le point malade de ces enthousiastes de Godwin, dont luimême avait été et qui restaient nombreux autour de lui. Imaginez la thèse de Godwin sur l’extirpation nécessaire de tous les sentiments humains, lue aux sinistres lueurs de quatre-vingttreize. Imaginez sa condamnation de toutes les règles de conduite traditionnelles, commentée par les exécutions en masse que les Montagnards décrétaient au seul nom du salut public, c’est-à-dire du plus grand bonheur général. Et les Borderers prennent un sens, cessent d’être une creuse chuêre, reflètent une trop indéniable réalité.
Notez que l’idée maîtresse de la tragédie, qui est la peinture du meurtrier philosophe, était alors dans l'air. Le roman et le drame commençaient à s’inquiéter de ce que pourrait être
(4) Lettre de Coleridge à .Cottle (juin 4797?). Campbell, Life of Coleridge, London, 1894, p. 67.
(2) A. SHnbarne, Miscellanies, London 1886, p. 118.
(3) C’est la donnée du Disciple de M. Paul Bourget, et rien ne fait mieux que ce roman comprendre l’état d’esprit de Wordsworth à cette date.
l’homme affranchi de toute convention sociale, qui ferait comparaitre un à un devant le tribunal de la raison individuelle tous les sentiments sur lesquels la société repose, non seulement ceux de soumission aux parents, d’obéissance aux lois, de fidélité conjugale, mais, plus essentiels encore, ceux de pitié, de respect de la vie humaine. Les mêmes arguments dont celui-ci se servait pour combattre les hypocrisies des institutions, celui-là pouvait les employer à saper les fondements de toute humanité. Le crime le plus vil pouvait se justifier par une logique impérieuse. De là, transformation du «traître ». Il devenait le raisonneur, voire même le sermonneur de l’œuvre. Il avait le monopole de la doctrine et de la logique. Les monstres de Shakspeare allaient renaître, ayant au service de leurs passions une philosophie, non plus rudimentaire comme celle de Richard IT, d’Iago, ou même d’Edmond, mais cohérente et développée. Schiller avait ouvert la voie avec ses Brigands, en 1782, et le nihilisme moral de Franz Moor n’avait pas moins fait école que l’impétueuse révolte de son frère Charles contre la société. En Angleterre, la littérature « satanique » naissait et prospérait bien avant que Byron la consacrât par ses chefsd'œuvre (1). Le romancier anglais le plus populaire de cette fin du xvin° siècle esquissait un des traitres nouveaux en 1791. Certes, l’œuvre d'Anne Radcliffe vaut par la nouveauté du cadre pittoresque et non par la profondeur ou la finesse des caractères. Mais justement pour cette raison, elle nous renseigne mieux sur ce que le lecteur du moment reconnaissait comme la peinture fidèle d’un criminel. Dans le Roman de la Forét,
(4) C’est coup sur coup dans le roman, le Zeluco de John Moore (1786) ; L'homme tel qu'il est (Man as he is) de Robert Bage (1792); Anna St. Yves (1792) et Hugh Trevor (1794-1797) de Thomas Holcroft; Caleb Williams de Godwin (1794) le Moine (The Monk) de Lewis (1796), suivis à une génération d'intervalle des poèmes de Byron, du Melmoth de Maturia et des œuvres de jeunesse de Bulwer Lytton.
CRISE MORALE PTIT
le marquis Philippe de Montalte veut faire disparaître sa nièce Adeline pour jouir sans conteste des biens dont il l’a dépouillée ; il essaie de pousser au meurtre la Motte dontla vie et l’hon-neur dépendent de lui. Et voici par quels arguments il s’efforce d’ébranler les scrupules de son complice :
Il y a de certains préjugés attachés à l'esprit humain, dit le marquis d’une voix basse et d’un ton presque solennel, qui demandent toute notre sagesse pour les empêcher de nuire à notre bonheur; de certaines notions acquises dans l’enfance, et involontairement entretenues par l’âge, qui croissent et usurpent un tel ascendant qu’il n'existe que très peu d’individus qui puissent ensuite les surmonter. La vérité est souvent pervertie par l’éducation. Tandis que les Européens policés se vantent d’un point d'honneur et d’une excellence de vertu qui les conduit souvent du plaisir à la tristesse, et de la nature à l'erreur, l'Américain, simple et sans art, suit l'impulsion de son cœur et obéit à l'inspiration de sa sagesse... Sa nature qui ne se pique pas d’un grand raffinement agit toujours de même dans les grands accidents de la vie. L’Indien découvre que son ami est un fourbe, et il le tue; le sauvage de l'Asie en fait autant; le Turc, lorsque l'ambition le domine, ou que la vengeance le provoque, assouvit sa passion aux dépens de la vie, et ne l'appelle pas meurtre, Même l'Italien raffiné, dirigé par la jalousie ou séduit par la perspective de quelques grands avantages, tire son stylet, et en vient à ses fins. La première preuve d’un esprit supérieur est de secouer les préjugés de son pays et et de l'éducation. Vous ne dites rien, la Motte, n’êtes vous pas de mon opinion? — J'écoute vos arguments, Monsieur. — Il y a, à la vérité, dit le marquis, des esprits si faibles qu'ils sont effrayés de faire des choses qu'ils sont accoutumés de regarder comme mauvaises, quelque avantageuses qu’elles leur puissent être. Zls ne se laissent jamais guider par les circonstances, mais adoptent un plan fixe de vie dont ils ne veulent jamais sous aucune considération se départir. La conservation de soi -même est la première loi de la nature; quand un insecte nous nuit, ou qu’un animal de proie nous menace, nous ne pensons qu’à l’écraser. Quand ma vie est en jeu, ou ce qui est essentiel à ma vie; ou même si quelque passion invincible l’exigeait, je serais un fou d’hésiter (1).
(1) The Romance of the Forest (La Forêt ou l'Abbaye de Saint-Clair), tra duit de l'anglais sur la 2° édition, Paris, an VII, 4 vol., liv. INT, ch. IV.
Le marquis de Montalte est l’esquisse grèle d’'Oswald, le traitre des Borderers. Ils ont de commun le mépris de tous les préjugés, ce qui veut dire dans leur langage de tous les sentiments qui constituent l’homme. Ils n’admettent ni l’un ni l’autre de loi morale établie et revendiquent le droit de juger eux-mêmes et directement de ce qu'ils doivent faire. Tous deux justifient le meurtre comme un signe et une preuve de l’affranchissement moral du meurtrier.
Oswald a étébon. Victime d’une machination, il a cru punir un coupable et a exécuté un innocent. Ses remords ont été d’abord si violents qu’il a failli y succomber. Mais il a triomphé d'eux, et dans la lutte il a gagné la liberté de l’âme. Auparavant, il obéissait à des règles stupides : « Nous vivons dans l'esclavage; tout est esclavage ; nous recevons des lois, mais nous ne demandons pas d’où ces lois sont venues. Nous avons besoin d’un aiguillon intérieur pour nous faire aller de l'avant (1) ». Depuis son crime, au lieu de descendre au-dessous de l’humanité, il s’est élevé au-dessus d’elle. « Quand il revint de ses méditations à examiner les opinions et les coutumes du monde, il lui sembla qu’il était un être entré seul dans une région de l’avenir dont l’élément était la liberté (2) ». Ce qu’il avait appris, c’est que « toute forme possible d’action peut mener au bien (3) », c'est que « les choses travaillent pour des fins que les esclaves du monde ne soupçonnent jamais (4) ». Son code, parfaitement Godwinien, se résume dès lors en ceci : « Pour être juste, chercher la règle en plongeant dans son propre cœur,... rejeter une tyrannie qui ne vit que par le consentement engourdi de nos âmes émasculées, la tyrannie des maîtres du monde, avec les règles moisies à l’aide desquelles
(1) The Borderers,v. 1866-1869, Les vers sont numérotés dans l'édition Dowden. (2) Zbid., v. 1825-1829,
(3) Ibid., v. 1790.
(4) Zbid., v. 945-947.
ils défendent leur métier de siècle en siècle ;... obéir à la seule loi qué le bon sens consente à reconnaître : la loi immédiate que la claire lumière des circonstances projette sur une intelligence indépendante (1). » |
Oswald, orgueilleux de sa raison supérieure n’aura que mé-pris pour l'opinion. N'est-ce pas à dater du jour où ila rejeté la fausse honte et la fausse popularité, sœurs jumelles de l’ignorance, qu'il a vu « la vie s’étendre devant lui, unie comme une large route nettoyée pour le passage d’un monarque (2) ». L’hostilité des hommes est au contraire l’infaillible indice de la grandeur : « Nous ne sommes loués qu’autant que les hommes reconnaissent en nous quelque image d'eux-mêmes, l’abject pendant de cequ’ils sont ou la chose vide qu’ils voudraient être. J’ai senti que le mérite n’a pas de pierre de touche plus sûre que l’outrage ; que si nous souhaitons de servir le monde substantiellement, et non de le tromper par des apparences, il faut que nous nous exposions à sa haine, ou à sa peur déguisée sous un simulacre de mépris (3) ». Il estinsensé de se préoccuper de ce que pensent « ces juges présomptueux du monde qui damnent, alors qu’ils ne peuvent ni voir ni sentir, dans l’ignorance de leur cœur endurci (4) ». L’envie est l’essence de la faiblesse : « Joignez vingt flambeaux d’inégale grandeur et allumez-les ensemble, et vous verrez comme le plus petit brùlera le plus grand et comme tous réunis brûleront le plus haut de tous. » Sans doute, en bravant leurs préjugés, on s’expose à être rejeté du milieu de ses semblables, à marcher solitaire parmi eux. «Mais qu'importe la solitude ! L’aigle vit dans la solitude ! (3) ».
(4) The Borderers, v. 1496-1506.
(2) Zbid., v. 1844-1847.
(3) Ibid., v. 1833-1841.
(4) Tbid., v. 1513-1516.
(5) 1bid., v. 1522-1526.
Et, comme elle a affranchi Oswald de l’opinion, la pensée a. fait s’évanouir pour lui un à un les fantômes du sentiment. «Le remords ! il ne peut vivre avec la pensée ; pensez et pensez encore, et il mourra. Quoi ! dans cet univers où les moindres choses gouvernent les plus grandes, où le plus faible souffle qui s'exhale peut mouvoir un monde; quoi! sentir le remords ici-bas où si un chat eût éternué, si une feuille était tombée, la chose n’eût jamais existé dont l'ombre seule nous ronge jusqu'aux entrailles (1) ! »
La pitié ne résiste pas mieux à ses raisonnements. C’est par une inconséquence arbitraire que Godwin répudie les mesures violentes. L’utilité générale n’est-elle pas le seul criterium des actes ? « La bienfaisance qui n’a pas le cœur d'employer le complet ministère de la souffrance et du mal, finit par devenir faible et méprisable (2).» Aïnsi parle au maître le disciple plus logique que lui. « Le fouet aux moralistes qui prêchent que la misère est chose sacrée; pour moi je ne sache pas d’engin qui dégrade l’homme à meilleur marché, ni d’uné façon moitié si sûre (3) ». « Nous tuons un cheval hors d'usage, et qui, sauf les femmes, soupire pour cela ? Nous abattons un arbre desséché, et seuls quelques radoteurs prennent un air grave (4) ». «Ge sont les ruses de la femme et les artifices de la vieillesse qui, en séduisant la raison, ont d’abord fait de la faiblesse une protection, et obseurci les formes morales des choses (5) ».
Telles sont, pour Oswald, les maximes de la sagesse. [1 les a puisées dans la philosophie de Godwin. Ce n’est pas elle qui l’a rendu criminel. Mais elle lui a donné l’orgueil du crime et,
(1) The Borderers, v. 1570-1577. (2) Zbid., v. 618-620.
(3) Ibid., v. 1169-1172.
(4) Zbid., v. 937-939.
(5) Ibid., v. 1090-1093:
LR
sinon le prosélytisme, du moins les arguments et l'éloquence avec lesquels on fait des prosélytes. Cet ago post-révolutionnaire est armé de logique et de philosophie devant des adversaires ou des victimes qui n’ont à lui opposer que leur candeur. Lui-même sans doute n’arrive qu'imparfaitement à tuer sa conscience par ses raisonnements. Il n'arrive pas à faire taire ses remords. Il n’est qu'à moitié convaincu de la vérité de ses propres formules. L'intérêt personnel, l’ambition, le besoin de faire choir un-innocent pour avoir un compagnon de crime, ce sont là ses premiers mobiles. Mais sa emi-foi dans les maximes qu’il débite suffit pour qu’il ait les apparences d’une pensée intelligente et d’une conduite résolue. Or, le Montagnard Oswald est entouré de Girondins’ vertueux et faibles. Les Borderers, ces brigands bienfaisants au milieu desquels il s’est glissé, n’ont en vue que le bien, maisils s’en remettent à leur seule raison pour le distinguer du mal. Ils n’obéissent à aucune loi établie. Là est le danger. Oswald démontrera au chef
de la bande, au candide Marmaduke, qu’il doit de sa propre
autorité, sans écouter les suggestions de la pitié, tuer un vieillard qu’il lui représente comme criminel. Marmaduke n’est capable que d’être dupé, de maudire son funeste conseiller et d’avoir des remords. Les seules remarques qui lui échappent sont d’un homme qui tâtonne dans les ténèbres, qui n’y voit pas, qui ne comprend pas. Il fléchit sous son ignorance trop lourde. « O misérable humanité ! Jusqu'à ce que tout le mystère de ce monde soit résolu, nous pouvons bien envier le ver de terre qüi, sous une pierre dont le poids écraserait la patte du lion, se loge, se nourrit, s’enroule et dort en sûreté (1). »
Non plus que Marmaduke, Wordsworth ne trouvait alors de réponse à la cynique philosophie d’Oswald. 11 pouvait la maudire, mais non la réfuter. Son esprit impuissant tremblait devant la
(1) The Borderers, v: 1805-1810,
grandeur de la perversité nouvellement découverte. Il n’attribuait plus le mal à la seule société, au sens où il entendait ce mot dans son poème sur la Plaine de Salisbury. Le meurtrier de ce poème était bon : «Jamais on n’avait vu sur la terre de créature plus douce. Il n’eût pas volé sa nourriture au corbeau (1).» « Le monde mauvais et la dure loi du monde (2) » étaient seuls responsables de son forfait. Dans l'intervalle Wordsworth avait médité. La cause du crime lui était apparue moins simple, la source bien autrement difficile à tarir. Le mal était inhérent à la nature imparfaite et bornée de l’homme. Il était retranché, à l’abri de toute tentative de réforme, dans les replis les plus secrets du cœur humain, et pouvait enrôler à son service l'intelligence. Le bien était faible et vacillant devant cet adversaire sans scrupule.
Wordsworth, qui avait voulu lutter contre le mal, disait maintenant avec Marmaduke : «Nous ne regardons que les surfaces des choses; nous entendons parler de villes en flammes, de champs ravagés, de jeunes et de vieux livrés en foule au besoin et à la nudité ; alors nous empoignons l’épée et nous nous ruons vers une guérison qui nous flatle parce qw'elle ne demande pas de pensée ; la maladie profonde est mieux cachée ; le monde est empoisonné au cœur (3). » Après avoir, comme Marmaduke, étudié les plus sages philosophes, analysé tous les sentiments du cœur, voici quelle est maintenant «la pierre angulaire de sa philosophie » : « Je ne donnerais pas un denier de l’homme qui, sur la provocation qu'offre cette terre, ne pourrait pas prendre son petit enfant sous le menton et l’envoyer d’une chiquenaude au tombeau (4). »
(1) Guilt and Sorrow, stance LXVIIT. Imité de Shakspeare. Romeo and Juliet, V, 1, 72.
(2) Zbid., stance LVII.
(1) The Borderers, v. 1039-1046.
(2) Zbid.,v. 1250-1254.
SC
Cela étant, le dernier retuge des bons semblait être le pessimisme, conséquence inévitable de leurs grands espoirs déçus, de leurs désolantes explorations à travers l’humanité mauvaise irrémédiablement. Il était naturel qu’une ombre se répandit pour jamais sur la pensée après une telle découverte. La tristesse devenait la compagne nécessaire de la haute intelligence unie à la haute bonté. Et cependant, au moment même où il écrivait les Borderers, Wordsworth était à deux doigts de la guérison. Tous les éléments en étaient réunis autour de lui et travaillaient à lui rendre la santé de l’âme. Il ne devait être ni René, ni Oberman, ni Manfred. Sa vie ne devait pas se consumer en vains regrets, s’exhaler en mépris ou en pitié pour les efforts humains, en sarcasmes à l’adresse des croyants et des enthousiastes. « Ainsi abattu et désorienté, dit-il, je ne frayai pas avec les railleurs ; je ne cherchai pas à prendre une gaie et frivole revanche en riant de tout sans distinction ; je ne pris pas non plus paisiblement mon parti de voir mon intelligence en ruines: je ne pouvais supporter une telle indolence ; j'aimais trop, dans ce printemps de ma vie, l’effort de la pensée et la vérité qui en est la précieuse récompense (1). »
Toute sa vie allait être consacrée à la restauration de son allégresse première. Déjà, son instinct de malade qui veut guérir lui avait fait prendre les plus utiles précautions et l’avait guidé vers les plus sûrs remèdes.Ilsatisfaisait les besoins de raisonnement abstrait qu’une longue habitude lui avait créés en tournant son esprit vers les mathématiques « qui trônent loin des troubles de l’espace et du temps», hors des régions agitées par la vo- Jonté et le pouvoir de l’homme. A la manière de Groœthe, il se purgeait de son pessimisme en l’exprimant dans ses Borderers. Enfin, il avait su, aidé par des circonstances propices, s'assurer
(1) Prélude, XI, 321-327.
(2) Ibid., 330.
la vie indépendante qu’il avait rêvée, loin des villes où 1l eût risqué de dangereuses rechutes, dans l’atmosphère des champs qui luiétait seule respirable, en la compagnie de l'être qu’il aimait le mieux au monde, de sa sœur Dorothée. Ainsi protégé et soutenu, il recouvrait lentement mais sûrement cet équilibre moral, un des plus admirables dont aucun homme, ou du moins aucun poète, ait Jamais joui.
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