CHAPITRE II
HAWKSHEAD (1778-1787)
Ils sont presque toujours tristes et irrités les souvenirs que le collège a laissés dans l'esprit des poètes français contemporains. L’entrée en pension a été considérée par eux comme la date initiale d’une période de contrainte sans joie et de vexations sans profit. « Il fallut quelque temps (dit Chateaubriand qui entrait au collège de Dol la même année que Wordsworth à Hawkshead) à un hibou de mon espèce pour s’accoutumer à la cage d’un collège, et régler sa volée au son d’une cloche (1). » Quand Lamartine, à onze ans, après sa joyeuse existence de berger dans la campagne de Milly, est envoyé dans uneinstitution lyonnaise, il ne peut supporter la double privation des caresses maternelles et de ses libres courses au grand air. Aussi son premier soin est-il de s'échapper de cette prison haïe (2). Quand Victor Hugo enfant vit allègre et insouciant
(1) Mémoires d'outre-tombe.
(2) Confidences, Liv. VI.
dans son jardin des Feuillantines où germent pour Jui à son insu les premières fleurs de poésie, il est menacé dans sa joie féconde par les tentatives du proviseur « d’un collège quelconque », et se félicite d’avoir été sauvé momentanément par la tendresse éclairée de sa mère (1). Mais pour lui aussi, imposée par son père, la réclusion devait venir, l'internat dans la pension Cordier qui interrompit son heureuse et poétique éducation première et qu'il a maudit en vers si abondants. Quand Alfred de Vigny devenu homme recherche les origines de sa mélancolie, il croit les trouver en partie dans « le collège bien triste et bien froid qui lui faisait mal par mille douleurs et mille afHictions (2). » Quand Victor de Laprade vieilli reporte sa pensée sur son adolescence, il déclare avoir toujours conservé du lycée de Lyon « un souvenir plein d'horreur (3) » convaincu qu’il aurait pu devenir un grand poëte, si au lieu de blémir entre quatre murs, il avait gardé les bœufs jusqu’à dix-huit ans (4). Même rancune chez Théophile Gautier (5), mème impression douloureuse chez M. Sully-Prudhomme (6). A peu près seul parmi nos poètes de ce siècle, Brizeux a regretté le temps où il fut écolier, mais son Arzanno ne ressemblait en rien à un lycée.
Ge ne sont pas là pures boutades d’esprits impatients de tout contrôle. Il serait impossible de nier la sincérité de ces unanimes protestations et présomptueux de les condamner sans examen comme frivoles ou irraisonnées. Sous ces colères variables de forme et de violence se retrouve un argument identique. Tous ces poëtes sont d'accord pour attaquer un régime indifférent, selon eux, aux besoins du corps et du cœur, qui
) Rayons et ombres, xIx.
) Lettre à Brizeux, du 2 août 1831.
) L'Education libérale, p. T7 (Paris, 1873).
) Ibid., p. 288.
) Maxime du Camp, Théophile Gautier, p. 13-19. ) Les Solitudes, Première solitude.
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dans l’intelligence ne cultive bien que le raisonnement et quiextirpe ou ébranche l’imagination. Ils ont senti dans le collège tel qu’il s’imposait à eux l'ennemi de leurs plus précieux dons. Ils ont cru avoir à les défendre contre lui. Ce qu'ils en ont recu leur a paru misérable au prix de leur bonheur et de leur liberté sacrifiés. Or c’est justement parce qu'il était de même nature, doué des mêmes instincts, que Wordsworth a proclamé son séjour à Hawkshead la période la plus heureuse et la plus féconde de sa vie. La différence n’est pas ici entre les hommes mais entre les institutions. À passer de France en Angleterre le tableau change. Non, certes, que tous les écrivains anglais s’entendent pour vanter sans réserve les pensions de leur pays. Les institutions particulières y ont été l’objet de la plus virulente satire. Les collèges publics n’ont pas davantage échappé aux Invectives. Quelques voix dont celle de Cowper (1) se sont élevées pour en dénoncer l’immoralité. D’autres, bien plus nombreuses, ont avec Shelley (2) protesté contre la brutalité des élèves et des maitres. Mais nul peut-être (sauf Coleridge par moments) (3) de ceux qui y furent élevés n’a reproché aux collèges anglais l'ennui et la tristesse (4). Ce sont au contraire transports de reconnaissance et accès d'enthousiasme unanimes au souvenir des années libres et joyeuses de pension. On sait
(1) Tirocinium (1784). Cowper y développe, aidé de Rousseau et de ses souvenirs, lacondamnation portée par le « Parson Adams » de Fielding: « Les collèges publics sont les pépinières de tout vice et de toute-immoralité. » (Joseph Andrews, IT, 5).
(2) Prélude de Laon et Cythna.
(3) Et surtout par l'intermédiaire de Charles Lamb : Christ’s Hospital five and thirty years ago (1820). En son propre nom Lamb avait parlé avec attendrissement du même collège. Recollections of Christ's Hospital (1819).
(4) Dans l'Edinburgh Review d'août 1810, les collèges sont bien décrits comme des « lieux de malheur » (scenes of present misery), mais l’article est si vague que l’auteur semble ne pas avoir passé par les écoles qu’il condamne. 11 disserte sur le thème de Rousseau. Au contraire, dans la réplique qui lui fut faite (The Pamphleteer, août 1814), son contradicteur parle de son collège avec non moins de détails et d'enthousiasme que Wordsworth lui-même.
assez généralement combien le régime des écoles anglaises est plus libéral que celui des nôtres, telles surtout qu’elles sont devenues depuis cent ans, mais on n’apprendra cependant pas sans quelque surprise jusqu'où pouvait aller la liberté, vers la fin du xvin siècle, dans un petit collège du nord de l'Angleterre, préservé par sa petitesse même et par sa situation en pleine campagne des pires défauts reprochés à des établissements plus grands et plus renommés.
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Il était d'aspect bien modeste le collège où entrait Wordsworth: petite maison bâtie au pied de l’église, contre le cimetière du village, et se distinguant à peine des chaumières voisines ; déja vénérable cependant, car c’était un de ces collèges nombreux qui avaient poussé simultanément en Angleterre au xvi° siècle, sous l'influence combinée de la renaissance des lettres et de la réforme religieuse. La, selon les statuts de son fondateur, l'archevêque d’York Sandys, l'instruction était gratuitement donnée aux enfants du district. Ceux qui le fréquentaient étaient surtout des fils de fermiers destinés à l’Eglise qui apportaient au collège les mœurs rudes et brutales de leur famille (1). Tout le personnel consistait en un directeur et un surveillant qui enseignaient le latin, les éléments du grec et des mathématiques. Les heures de présence des élèves étaient de sept heures du matin à onze heures et d’une heure à quatre heures en hiver. L’école ouvrait une heure plus tôt et fermait une heure plus tard en été. Entre ces heures extrêmes était compris le
(4) Note-préface de l'Excursion.
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temps consacré aux études aussi bien que le temps consacré aux classes. Les écoliers sortaient libres de devoirs et de soucis. La vie de famille les reprenait alors, ou du moins une vie qui rappelait celle de la famille. Isétaient logés dans le village chez de vieilles ménagères qui les traitaient souvent comme leurs propres enfants et qui, après avoir réparti entre leurs pensionnaires une frugale nourriture — « mieux qu'ils ne l’auraient vouluilsconnaissaient les bienfaits de la faim vigoureuse (1) » — les laissaient libres de courir à l'aventure, de jouer sur la place du village ou de partir pour des expéditions plus lointaines.
Si Wordsworth reconnait volontiers qu’il eût pu trouver ailleurs «un sol plus riche de culture scientifique et littéraire (2) », il faut se garder de croire que l'instruction fût négligée à Hawkshead. Ce collège passait au contraire pour un dés meilleurs séminaires du nord, vers la fin du xvin° siècle, et l’on peut, parmi les condisciples de Wordsworth, relever les noms de plus d’un écolier qui atteignit ensuite aux premiers rangs dans son Université. Mais ce n’est point de l’instruction reçue que le poète se montre reconnaissant. C’est de la libre vie naturelle qu’il mena à Hawkshead. Il n’eut pas à respirer dans cette atmosphère factice qui se crée autour de la plupart des écoliers. À l’intérieur même du collège régnait une familiarité entre maîtres et élèves dont il est peu d'exemples. Les maîtres n'étaient pas seulement pour les élèves des guides d’études, ni même des compagnons de jeux; ils en devenaient encore à l’occasion les amis, entendez par là qu'avec les plus grands ils s’ouvraient parfois de leurs joies et de leurs chagrins d'hommes, qu’ils cessaient pour eux de déguiser profes-
sionnellement leur caractère. C’est là ce qui ressort des poèmes dans lesquels Wordsworth a fondu sous les traits d’un per-
(1) Prélude. 1, 78-81.
(2) Zbid., V,498-410.
sonnage de sa création les vivants souvenirs qu'il conservait de ses maîtres. Rien ne ressemble moins que le Matthew de Wordsworth au pédagogue rustique, pédant solennel barbouillé de latin, jusqu'alors admis dans la seule poésie satirique. Wordsworth l'a dépouillé de tous les traits convenus de sa profession. Il l’a dépeint comme un vieillard facile d'accès, mélange de gaîté et de mélancolie, répandant les bienfaits de sa joie et de sa charité sur les châteaux et les chaumières d’alentour (1).
Wordsworth et lui causaient ensemble à cœur ouvert bien que l’un eût moins de seize ans et que l’autre en eût soixantedouze. Le vieillard aux cheveux d’un gris luisant chantait des chansons badines faites par lui-même. 11 connaissait «la folle plaisanterie(2)» et parfois se montrait plus joyeux que personne. Mais « quand circulait la coupe des pensées calmes et sérieuses, il paraissait la boire jusqu’à la dernière goutte, tant il sentait profondément (3)». Au milieu de ses acces d’allégresse, un soupir décelait son chagrin secret. Un nuage errant, semblable à un nuage vu autrefois (4), un bruit de source en-tendu jadis lui rappelaient le passé. Il vieillissait solitaire. Et quand l’écolier lui offrait de prendre la place de ses enfants perdus, il lui serrait la main et répondait : « Cela ne se peut pas». Puis, quelques instants après, il se remettait à chanter comme un oiseau libre de soucis (5).
Encore que Wordsworth ait eu en vue la vérité poétique et non la vérité littérale en traçant ce caractère, il reconnaît en avoir emprunté plusieurs traits à William Taylor, son maître préféré, qui dirigea le collège pendant les quatre dernières
The two April Mornings.
) The Fountain.
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années qu'y passa l’écolier et qui mourut quelques mois avant son départ. Taylor mort en pleine virilité n’est à coup sûr pas l’exact original de Matthew. Mais une même étroite affection semble l’avoir attaché à Wordsworth. Quand il fut couché sur son lit de mort, il fit venir dans sa chambre les grands du collège et prit congé d’eux en leur donnant sa bénédiction solennelle. Wordsworth qui était du nombre baisa la joue du mourant, se chargea d'annoncer aux petits la mort du maître et emporta le souvenir durable de ses enseignements familiers. Taylor qui avait le goût de la nature (1) fut peut-être le premier à le découvrir et à le développer chez Wordsworth. Il fut le premier assurément à le pousser vers la poésie. Aussi quand huit ans plus tard l’adolescent devenu homme vint visiter la tombe de son maître, les larmes aux yeux, il croyait entendre sa voix et revoir son visage. Il se disait que si Taylor vivait encore, il serait un juge bienveillant de sa poésie, et que celui sur l’ordre duquel il avait naguère avec effort écrit ses premiers vers serait heureux de voir ses espérances réalisées (2).
Mais ce n’était pas seulement à l’intérieur du collège que l’écolier trouvait à placer son affection et à recevoir la première culture du sentiment. Son collège était grand ouvert sur le dehors, et l’enfant sans cesse en contact avec la vie humaine. Il vivait en petit villageois parmi les villageois, aimant les uns, s'intéressant aux travaux des autres, familier avec tous. C'était d’abord la vieille Anne Tyson chez laquelle il était logé, « si bonne et si maternelle (3) ». L’habitude d’héberger des écoliers n’avait mis en elle rien de la raideur et de l'indifférence qui naissent d’une fonction répétée. Elle faisait d’eux sa famille, et elle était toute nature, connue d’eux non dans le seul accom-
(4) Address to the Scholars, of the Village School of... (2) Prélude, X, 532-552.
(3) Ibid., IV, 28.
Univ. DE Lyon. — LEcouis 8
plissement d’une tâche forcée mais dans toute son humble vie, ne leur taisant ni les soucis ni les joies qui visitaient son logis, leur faisant encore mille récits sur les gens qui vivaient ou avaient vécu dans le voisinage (1).
Wordsworth sortait-il de chez son hôtesse, que ses yeux rencontraient aussitôt d’autres êtres familiers, soit des paysans, soit même de ces marchands ou de ces pauvres que ramenait au village leur tournée régulière. Faces si souvent vues que l’image en restera gravée en lui, minutieusement précise, après bien des années. C'était le vieux Daniel, si vieux qu'il était retombé dans l’enfance, et que de toutes les passions dont 1l avait été agité, Pavarice seule survivait. Et chaque matin, levé un des premiers du village, il s’en allait, tenant par la main son petit-fils, un bambin de trois ans. D’un commun accord, ils volaient tout ce qu’ils rencontraient sur leur chemin : les copeaux tombés du rabot du charpentier, les mottes de terre empilées dans une charrette. Le regard éteint du vieillard imbécile prenait alors un air rusé. Il donnait l'exemple du vol à l’enfant, et leur faute n’en était pas une, car l’enfant ne savait qu’à moi tié ce qu'il faisait et le vieux Daniel ne le savait pas du tout. Leurs larcins étaient sus de chacun, mais ni les riches ni les pauvres ne cherchaient à les empêcher. Sur leur passage tous les visages se creusaient d’un sourire. C’est que Daniel a chez lui une fille toujours prête à réparer le tort commis et à rendre au triple, si on l'exige (2). Sujet de pitié et de réflexion, même pour l’écolier, que la promenade quotidienne de ces deux êtres. « Nul livre ne m’eût appris aussi tôt à penser aux changements auxquels la vie humaine est sujette ; et, en regardant le vieux Daniel, je ne pouvais m'empêcher de me dire : Qui sait,
(1) Par exemple sur le Jacobite et le Hanovrien (Excursion, VI, 404-521), V. note-préface de l'Excursion, et aussi sur la mère de Benoni « l'enfant du chagrin » (note-préface de Peter Bell).
(2) The two Thieves.
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si moi ou le plus heureux de mes camarades, nous ne deviendrons pas un jour des objets de pitié plus encore que ce vieux fripon à moitié idiot? (1) »
C'était aussi le vieux mendiant qui dans sa ronde revenait à jour fixe frapper à la porte de certaines maisons où il recevait l’aumône. Si âgé, si faible qu’il éveille la compassion tout autour de lui; « si impuissant que pour lui le cavalier flâneur ne jette pas par terre son aumône d’une main nonchalante etdistraite, mais s'arrête afin de poser sûrement sa pièce dans le chapeau du vieillard ; encore ne le quitte-t-il pas ainsi, mais après avoir lâché la bride à son cheval, il observe le vieux mendiant du coin de l’œil, en retournant à moitié la tête. Celle qui garde la barrière du péage, quand en été devant sa porte elle tourne son rouet, si elle voit venir sur la route le vieux mendiant, quitte son ouvrage et leve le loquet pour qu’il passe. Le postillon, quand ses roues bruyantes rattrapent le vieux mendiant dansle chemin du bois, lui crie par derrière de se ranger; et si, quoique averti, le vieillard ne change pas de place, le postillon dirige ses roues ralenties vers l’autre côté de la route et passe doucement auprès de lui, sans un juron aux lèvres, sans colère au cœur. » Et à voir ce pauvre, l’écolier notait précieusement l'influence attendrissante et bienfaisante de ce soi-disant inutile sur le cœur des villageois parcimonieux. Il voyait une voisine, pauvre elle-même, faire œuvre de charité chaque fois que le vendredi ramenait devant sa porte le vieux mendiant. « Elle tirait de sa huche une pleine poignée de farine pour la besace du malheureux, puis rentrait dans sa chaumière le cœur réjoui et bâtissait son espoir dans le ciel. » Peu s’en faut que Wordsworth n'ait
attribué au vagabond la naissance de son propre génie. « Il est
des esprits élevéset méditatifs, créateurs de joies et de bonheurs qui doivent jusqu’à la fin des temps vivre, se propager et
(1) The two Thieves, note-préface.
répandre leur chaleur, peut-être de tels esprits ont-ils dans l'enfance reçu de cet être solitaire ou d’un semblable vagabond une chose bien plus précieuse que tout ce que les livres ou tout ce que la sollicitude de lamour peuvent donner : ce premier doux toucher de sympathie et de pensée qui leur a fait découvrir leur parenté avec un monde où existent le besoin et la tristesse (1). »
Ces hommes n’étaient toutefois que des passants, des objets pour le regard, Avec d’autres Wordsworth contractait des liaisons curieuses, parfois étroites. Tel ce colporteur qui résidait de temps à autre à Hawkshead, et par lequel le jeune garçon aimait à se faire raconter sa vie errante, ce qu'il avait vu et observé. C’est de lui qu'est en partie sorti le colporteur de l’Excursion (2). « Il m’aimait ; dans un essaim d’écoliers rosés il me distingua, comme il disait en plaisantant, pour mon air grave, trop pensif pour mon âge. En grandissant ce fut ma meilleure joie d’être son compagnon favori. Souvent, les jours de congé, nous causions ensemble dans les bois. Nous nous asseyions, nous marchions ; il m’amusait par le récit des choses qu'il avait vues, et souvent il abordait les plus sérieuses questions, les raisonnements d’un esprit replié sur lui-même. Ou bien, sur ma prière, il chantait de vieilles chansons, nées dans ses collines natales, habile distribution de sons harmonieux qui me nourrissaient l’âme et que je buvais avidement comme la terre boit l’eau fraiche répandue par les soins du cultivateur industrieux dans une prairie grillée, en temps de sécheresse. Bien plus aimée encore était sa pure conversation ; combien précieuse quand, mes jours ayant müûri, j’appris à peser ses paroles avec soin et à me réjouir de la simple présence de sa dignité (3)! »
(1) The old Cumberland Beggar.
(2) Note-préface de l’Excursion.
(3) Excursion, 1, 52-76.
HAWKSHEAD où
La facile discipline du collège tolérait les relations les plus variées et les plus bizarres. Wordsworth nous apprend ainsi qu'il suivit un jour jusqu'aux sources du Duddon par delà les monts un pècheur à la ligne avec lequel il pêcha toute la journée sous une pluie battante et qui dut le rapporter à Hawkshead sur son dos, à demi mort de fatigue (1). Une autre fois Wordsworth faisait connaissance avec un petit Irlandais au service d’un faiseur de tours ambulant et le menait voir un site favori sur les bords du lac d'Esthwaite. Il voulait jouir du plaisir que ce camarade improvisé prendrait à la vue du paysage. Et il ne fut pas déçu dans son attente (2).