‹ La jeunesse doree drame en cinq actes et neuf tableauxChapitre 24 sur 100 · ACTE II, TABLEAU IL · texte numérisé non relu

ACTE II, TABLEAU IL

MARTHE

Kh bieul c’est cela, ma tante, n’en parlons plus, voulez-vous? Je gagne encore peu, il est vrai...

M“® CATELIN.

Mais vous gagnerez toujours peu. Je ne vous verrai jamais à l’aise. Quand je songe que je n’ai pas une descente de lit en peau de tigre, à mon âge I Crois-moi, renonce à ton jardinage futile.

MARTHE

Jamais I

11“'' CATELIN.

Comment, jamais? vous manquez de respect à votre tante 7 Eh bien cela sera I

MARTHE

Non!

M“' CATELIN.

Je VOUS dis que si !

MARTHE, pleurant.

O mon Dieu I mon Dieu !

, M“® CATELIN.

Allons! ça la fait pleurer! pauvre enfant ! Eh bien, non, je ne dirai plus rien... fais des fleurs... ne m’écoute pas... tu me connais... je suis bonne, mais pas de tête... pas de tête... Allons... nous ne m’en voulons plus... voilà que nous sourions. Embrassez votre mère, fleuriste démon cœur. Quels yeux! quel effet à un troisième acte!... Non, c’est convenu, il n’en sera plus question. Je monte savoir des nouvelles de cette pauvre mère Reboussin; son fils est la-haut auprès d’elle... {Fausse sortie.) Ah! Marthe, tu ne sais pas? il m’est venu une idée !

MARTHE

Laquelle ?

M“® CATELIN.

J’ai vu hier, dans la rue Montmartre, à la Vestale, un châle, mais un châle comme il n’y en a pas. ou plutôt comme il n’y en a qu’un. 11 est mêlé de rose, de bleu foncé, de vert et de chocolat, sur un fond blanc comme la neige. On me l’a fait trois cent quarante francs, mais on l’aurait pour trois cents. Cela s’appelle un châle vaporeux. Quel joli nom !

MARTHE

Eh bien, ma tante?

M“« CATELIN.

Eh bien, ma minette, j’ai envie de ce châle.

MARTHE.’

Mais où prendrez-vous ces trois cents francs, grand Dieu ?

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