‹ La jeunesse doree drame en cinq actes et neuf tableauxChapitre 26 sur 100 · ACTE II, TABLEAU II · texte numérisé non relu

ACTE II, TABLEAU II

MARTHE

Volontiers, madame... je vais appeler... car je ne suis pas chez moi; je ne sais où cela se trouve. {Elle va sonner à la porte de gauche qui conduit à l'intérieur.)

GRANGHAUP, bas à A/“® de Sainte-Hildegonde.

Est-ce une vengeance?

M"* DE SAIlVTB-HILDEGOItDK.

Une espièglerie tout au plus.

GRANDCUAHP.

Motivée par notre brusque séparation. Ce n’est pas généreux quand on s’est consolée si vite.

11 '°* DE SAINTE-HILDEGONDE

Les grandes douleurs ont besoin de distractions.

GRANDCHAMP

On le dit... J’aurais pu en chercher de mon côté... fût-ce... même à vos soirées ; mais on joue trop gros jeu chez madame de Sainte-Hildegonde.

M”»® DE SAINTE-HILDEGONDE

Ah ! VOUS savez que l’on joue chez mol î

GRANDCHAMP

Oui, madame la marquise.

M“® DE SAINTE-HILDEGONDE

Et vous me railliez sur mon nouveau titre?

GRANDCHAMP

Pourquoi donc? depuis que noblesse n’oblige plus, en prend qui veut.

M"®* DE SAINTE-HILDEGONDE

Méchant 1

MARTHE, qui a sonné une deuxieme fois.

M. Reboussiu !

SCEHX: IV.

Les Mêmes, KEBOUSSIN.

REBOüssiN, accourant.

Voilh... voilé, not! bourgeois... Habits à vendre... à acheter, chapeaux d’homme, de femme, castor en soie, bibi à plumes, cravates, gilets, pantalons de toutes longueurs, de toutes formes, de toutes nuances, pour la ville, la cour, l’armée, les hôpitaux, les galères.

MARTHE, à Beboussin, qu'elle a voulu arrêter plusieurs fois.

Mais taisez-vous doue ! il s’agit de guipures.

REBOCSSIN.

Des guipures?... monsieur demande... on va lui servir l’article guipure. .

m"*’ de saintb-hildëgondb, à pari.

Ce pauvre Grandcliamp est furieux.

GRANDCHAMP, de même.

Elle se moque de moi, mais attendons un peu.

REBOUSSm.

Voilà les guipures demandées... Monsieur désire là-dedans?

M“* DE SAiNTB-HiLDEGOMDE, à Grandchomp, en souriant. Mais... tout, n’est-ce pas?

REBODSSIN.

Tout? milord prend tout?

DE SAINTE-HILDEGONDB.

Vous avez entendu... et vous enverrez cela dès ce soir... {S’approchant de Grandchamp.) A qui destinez-vous ce joli cadeau?

6RÀNDCHAHP. \

Mais... à vous, madame.

U* DE SAINTE-HILDEGONDE

A moi... Ah! vous ôtes d’une générosité...

GRANDCHAMP

Je vous dois bien cela pour le service que vous allez me rendre.

M“® DE SAINT-HILDEGONDE

Moi? un service? ici? je ne crois pas. .Haut.) Je vais vous laisser mon adresse... Puisque monsieur tient absolument... [Elle tire de sa poche un petit agenda et s'assied à gauche.)

REBOUSSIN.

On fait le compte de son excellence.

GRANDCHAMP, bas à madame de Sainle-IIildegonde, qui écrit. Ajoutez: Apportez cela vous-même et dès ce soir : il faut que je vous parle.

M“* DE SAINTE-BILDEGONDB.

Plaît-il?

GRANDCHAMP, toujours à VOIX basse.

Madame de Sainte-Hildegonde ne voudrait pas, en me refusant, que l’on vînt dans quelques heures saisir chez elle des tables de jeu, peut-être s’emparer de sa personne...

M“' DE SAINTE-HU.DEGONDE

Monsieur...

GRANDCHAMP

Ecrivez.

REBOüssiN, venant à Grandchamp.

Mon prince, c’est .122 fr. 50 c. en monnaie française... c’est comme qui dirait 323 en anglais.

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