ACTE IV, TABLEAU VII
vais pouvoir m’établir bientôt, mamzelle Marthe, quoiqu’on ait dit dans le temps que je n’aurais jamais assez d’intelligence pour faire mon chemin... C’est vrai, ils prétendaient dans ma famille que j’étais un peu bète. Truuvez-vous?
MARTHE
Mais non.
REBOUSSIN.
N’est-ce pas? je ne trouve pas non plus... Eh bien 1 par exemple, s’il s’agissait...
MARTHE, d’un ton sérieux.
Monsieur Reboussin, vous voi s étiez, disiez-vous, chargé d’une commission?
REBOUSSIN, interdit.
Excusez, mamzelle Marthe... Une commission? Ah! oui!... c’est quelqu’un qui est venu hier me trouver à l’atelier : une figure qui ne m’est pas inconnue... Je ne sais pas comment il m’a déterré, celui-là ; il faut qu’il m’ait suivi de boutique en boutique et de logement en logement! Bref, il m’a demandé de vos nouvelles, et votre adresse par la même occasion.
MARTHE
Mou adresse?
REBOUSSIN.
Oui... vu qu’il vous apporte, à ce qu’il m’a dit, quelque chose... des nouvelles de bien loin, de Constantinople.
MARTHE
Ahl
REBOUSSIN.
Eh bien 1 qu’est-ce que vous avez, mademoiselle Marthe? vous pâlissez et puis vous devenez rouge... Est-ce que vous vous sentez malade ?
MARTHE
Non... oh! non!... Des nouvelles... voilà plus d’un an que je n’en ai eu... depuis son départ... Et vous ne l’avez pas dit plus tôt!...
REBOUSSIN.
Je ne vous l’ai pas dit... Certainement, je pensais bien que ça vous ferait plaisir ; mais ça ne m’en faisait pas, à moi.
MARTHE
Des nouvelles de lui !
REBOUSSIN.
Tenez, on frappe; c’est peut-être ça. {Il va ouvrir.) Justement!