SCÈNE II
MARTHE, BLAVIGNY, REBOUSSIN.
BLAVIGNT.
Mademoiselle Marthe Caielin ?
BEBÜUSSIN.
C’est ici.
MARTHE, tremblante.
C’est moi, monsieur.
REBOUSSIN, bas, à Marthe.
Je Tais voir votre tante, mamzelle Marthe. [Il entre chez Af“o Catelin.)
BLAVIGNT.
En effet, je vous reconnais, mademoiselle. Ma visite ne vous surprend pas : on a dû vous l’annoncer. J’ai eu beaucoup de peine à vous découvtir, et sans l’obstination que j’y ai mise, je n’y serais pas parvenu.
Oui, on m’a dit... Vous êtes bien bon, monsieur.
BLAVIGNT.
Je tenais absolument à vous voir; mais je m’aperçois que vous êtes fort émue, mademoiselle... Veuillez ne pas rester debout, je vous en conjure. {Il la fait asseoir; Marthe lui montre une chaise, il s’assied auprès d’elle }
MARTHE, avec joie.
Vous m’apportez de ses nouvelles, monsieur?
BLAVIGNT.
Je disais donc que j’avais eu beaucoup de peine à me procurer votre nouvelle adresse.
MARTHE
Et je ne m’explique pas cela, monsieur, car je l’avais envoyée...
BLAVIGNT.
A M. de Saint-Kvremond .. En effet, vous devez trouver singulier qu’il ne me l’ait pas transmise; vous le comprendrez tout à l’heure, car c’est ce M. de Saint-Evremond que je viens vous parler ; c’est de sa part.
MARTHE
Ah ! qu’il revienne, monsieur I je le lui ai écrit 1 je l’en ai prié!... Croyez-vous qu’il reviendra? vous l’a-l-il dit? Cette vie que je nie suis faite est une douleur trop forte et trop longue... oui, trop longue... Je mourrai s’il ne revient pas! Ecriviz-lui cela aussi, monsieur... dites-lui que je suis malheureuse.
BLAVIGNT.
Mais il me semblait, mademoiselle , que vous-même l’aviez engagé à partir.