ACTE'Vi TABLEAÜ ÏJL. iü
de devenir folle, de me tuer, puis-je aller lui dire ; «Déchirez ce voile blanc, foulez aux pieds ce bouquet de fleuf d’oranger j je vous ai trompé, j’ai été la maîtresse de monsieur de Saint-Evreiiiond?... voilà ce que vous avez failli épouser; si vous ne me croyez pas, venez m’entendre en plein tribunal.» Non, madame, il est trop tard.
LA COMTBSSR.
Eh bien ! que Dieu le sauve alors, il n’a plus que Dieu pour lui. Marthe, que nos vœux du moins se confondent pour implorer ce Dieu clément en faveur de sa vie. Invoquons-le ensemble, mon enfant, il n’y a plus de distance entre nous; l’égalité se retrouve dans les larmes. L’égalité I non ; vous n’avez à pleurer que sur une douleur, et moi sur une douleur et sur un deuil... vous, vous êtes restée digne de l’homme qui vous avait donné son amour... Vous aviez raison tout à l’heure, Marthe, c’était un noble cœur, et comme il vous aimait!
MARTHE
Autrefois, madame.
LA COMTESSE
Toujours! ces lettres qu’il vous avait envoyées.
MARTHE
Oh ! madame I
LA COMTESSE. ' '
C’est moi qui les avais toutes reçues et qui vous les avais toutes renvoyées...
C’était vous! ;
LA COMTESSE. ,
. . Il, I 1
Maudissez-moi !... maudissez-moi !
MARTHE. • '
Je n’ai plus de force que pour pleurer.
LA COMTESSE
Il n’a jamais cessé de vous aimer de toutes les puissances de son âme.
MARTHE
Pauvre Jules!
LA COMTESSE. ... 'HO
Si bon ! si jeune ! et mourir !
MARTHE
Mourir! (£lle se jette sur son chapeau et court vers la porte.)
LA COMTESSi<:l '
Que faites-vous , Marthe? où allez-vous? , , . ,,, i - j. ■
LA JEUNESSE POEEE.
MàRTHK.
Me déshonorer pour lui, madame.